En raison de l’incertitude causée par la pandémie de la COVID-19, Fitch Ratings a révisé à la baisse les perspectives de développement du Mouvement Desjardins, le 3 avril.

Celles-ci sont passées de stables à négatives « en raison de la perturbation de l'activité économique, du fait du coronavirus, dans les marchés financiers au Canada et dans la province de Québec », dit la firme, qui a dans le même temps confirmé les cotes de crédit à long terme et à court terme de la coopérative québécoise, qui sont respectivement de « AA- » et de « F1+ ».

Endettement des ménages

« Les perspectives de développement négatives [de Desjardins] tiennent compte du niveau élevé d’endettement des ménages au Canada résultant de l’accroissement du prix des logements, qui avait précédemment repris, et qui aggravera les effets de la récession », explique l’entreprise.

Fitch note toutefois que les mesures d’aide annoncées par les gouvernements et les banques, qui incluent un report des paiements hypothécaires, des programmes de relance budgétaire et une « politique monétaire accommodante » réduisent les effets à court terme de la crise sur les ménages.

Risque hypothécaire

Fitch indique par ailleurs qu’au Québec, les prix des logements n’ont pas atteint les prix de la Colombie-Britannique et de l’Ontario, ce qui pourrait être favorable à Desjardins.

Dans les faits, « comparé à ses pairs, Desjardins est plus exposé aux prêts hypothécaires non assurés », ceux-ci représentant « environ 70 % du total des prêts hypothécaires résidentiels » de Desjardins comparativement à « une moyenne d’environ 61 % » pour ses pairs. Toutefois, ce risque est atténué car « la plupart de ces prêts sont au Québec avec un faible ratio prêt-valeur », dit Fitch.

Baisse de la rentabilité

Aussi, Fitch Ratings pense que le Mouvement Desjardins « devra faire face à des défis de rentabilité en raison de pertes à la valeur du marché liées aux placements en actions dans ses activités d'assurance ».

Comme pour les autres institutions financières, la rentabilité de Desjardins pourrait par ailleurs être affectée par la baisse des volumes de prêts hypothécaires, qui comptent pour 62 % du portefeuille de prêts de Desjardins, par la baisse des revenus de gestion d’actifs du fait de la baisse des ventes, par la volatilité des marchés boursiers et par la hausse du rachat de prêts, dit Fitch.

Par ailleurs, Fitch dit que Desjardins et les autres banques seront « confrontées à des défis supplémentaires » du fait de marges d’intérêt plus faibles résultant des baisses de taux récemment annoncées par la Banque du Canada.

Pas de retour à la normale avant 12 à 24 mois

« La gravité et la durée attendues de la perturbation économique soulèvent des incertitudes quant à la capacité de Desjardins à revenir au niveau de performance financière de référence de Fitch d’ici la fin de 2021 », dit la firme américaine, qui estime notamment que le PIB du Canada devrait se contracter de 3,6 % en 2020 en raison des effets de la pandémie « sur la consommation, les investissements et les prix du pétrole ».

Fitch Ratings soutient ainsi que les perspectives de développement de Desjardins ne devraient pas être « rétablies » avant un an ou deux, puisque les effets de la crise sur les profils financiers « ne seront pas immédiatement apparents », dit-elle.

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