Les tendances observées chez les jeunes entraînent des répercussions importantes sur la santé actuelle et future de la population, selon un nouveau rapport de l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Joss Reimer.
Dans ce portrait des principales tendances en matière de santé, l’auteur du rapport inclut notamment les feux de forêt parmi les sujets abordés dans État de la santé publique au Canada 2026. Les répercussions des feux de forêt sur la santé des Canadiens y sont examinées aux côtés de l’évolution de l’espérance de vie, de la santé mentale, des méfaits liés aux drogues toxiques, des infections transmissibles sexuellement et par le sang, de la rougeole et du cancer.
Le rapport souligne que l’espérance de vie revient aux niveaux observés avant la pandémie, mais précise qu’en moyenne, les Canadiens passent moins d’années en bonne santé.
Entre 2019 et 2022, l’espérance de vie est passée de 82,2 ans à 81,1 ans, soit la plus forte baisse jamais enregistrée au Canada. Le rapport attribue ce recul à la fois à la pandémie de COVID-19 et à l’augmentation des décès liés à la crise des opioïdes.
« Des données récentes montrent toutefois un rebond. L’espérance de vie à la naissance a augmenté pendant deux années consécutives, atteignant 82,1 ans en 2024. »
En revanche, l’espérance de vie ajustée en fonction de l’état de santé (un indicateur qui mesure le nombre d’années qu’une personne peut espérer vivre en bonne santé si les tendances actuelles en matière de mortalité et de santé demeurent inchangées) a diminué de près de deux ans par rapport aux données de 2019 et de plus de trois ans par rapport au sommet atteint au début des années 2010. En 2023, une personne vivant au Canada pouvait espérer passer en moyenne 66,9 années en bonne santé.
Selon le rapport, la détérioration de la santé émotionnelle chez les personnes de moins de 65 ans constitue le principal facteur expliquant ce recul. Les baisses les plus marquées en matière de santé mentale ont été observées chez les jeunes adultes, particulièrement ceux âgés de 18 à 34 ans.
« En 2015, 72% des adultes déclaraient que leur santé mentale était très bonne ou excellente, mais cette proportion est tombée à 59% en 2021, indique le rapport. Chez les jeunes âgés de 12 à 17 ans, cette proportion est passée de 78% en 2015 et à 62% en 2021. »
Le rapport souligne que les expériences vécues et l’état de santé des jeunes d’aujourd’hui façonneront la santé de la population pendant les décennies à venir.
Outre les autres facteurs influant sur la santé qui sont abordés, le rapport souligne que les saisons des feux de forêt sont de plus en plus longues et graves. Le médecin-hygiéniste en chef appelle également les systèmes de santé publique à accorder dorénavant la priorité tant à la prévention qu’à la préparation.