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Règlementation : le Canada n’a pas besoin de toujours suivre ce qui se fait à l’international, clame un PDG

par Donna Glasgow | 23 janvier 2014 10h30

Pourquoi se laisser tant influencer par les tendances internationales en règlementation, alors que le Canada a prouvé qu’il a un système financier sain? C’est la question soulevée par un PDG invité au Sommet des présidents du Congrès 2013 de l’assurance et de l’investissement.« Pourquoi toujours regarder ailleurs et faire comme les autres? », a lancé Yvon Charest, PDG de l’Industrielle Alliance, Assurance et services financiers, soulevant les applaudissements des quelque 250 personnes présentes à cette conférence.

M. Charest pointait tout particulièrement la mise en place des normes internationales d’information financières (IFRS), qui ne s’accorde pas aux produits à long terme dominant le marché canadien. « On regarde ce qui se fait à l’international, mais, de temps en temps, j’aimerais que les Canadiens et les Québécois se disent qu’ils ont de bonnes pratiques et qu’ils peuvent influencer ce qui se fait ailleurs », dit-il.

Quand les taux d’intérêt ont chuté, les normes comptables canadiennes ont été dures pour les assureurs, mais ces derniers ont tenu le coup, rappelle M. Charest.

Même chose pour la crise de 2008. Les assureurs canadiens sont demeurés solvables, contrairement à certains autres pays. Pour M. Charest, il n’y a donc aucun besoin de se laisser trop influencer par les normes internationales changeantes.

« Le Canada est hyper en santé. Les compagnies sont bien règlementées. On a une autorité de surveillance sévère. On a eu zéro problème pendant la crise de 2008 », dit-il.

Steven Ross, PDG des affaires d’assurance de personnes de La Capitale Groupe financier, se dit en accord avec M. Charest. « Le Canada a raison d’être fier de son système de règlementation. Notre industrie est solide et fortement règlementée, et elle a une longueur d’avance sur le reste du monde. En plus, le Canada s’est mieux tiré d’affaire que presque tous les pays du monde lors de la crise financière », dit-il.

M. Charest ajoute qu’il a porté son message aux régulateurs, tant au fédéral qu’aux échelons provinciaux. Selon lui, les régulateurs en sont de plus en plus convaincus.

« En 2010, nos régulateurs n’étaient pas convaincus qu’on devait garder le même système comptable. Puis, en octobre 2013, la surintendante Julie Dickson a écrit une lettre assez critique envers les standards internationaux. Je crois donc qu’on a été entendus », dit le PDG de l’Industrielle Alliance.

Il ajoute que la bonne performance du Canada durant la crise financière lui a donné un plus grand rôle à l’International. Le Canada est d’ailleurs très actif au Conseil de stabilité financière, entre autres. « Quand il y a quelque chose de nouveau à l’international, nous sommes les premiers à vouloir embarquer. On est parfois pris dans ce piège », dit M. Charest. Malgré tout, M. Charest dit que l’industrie est à l’écoute de ses régulateurs. Ce fut le cas pour les IFRS, dit-il.

Denis Berthiaume, président et chef de l’exploitation de Desjardins Assurances, souligne lui aussi que l’industrie a fait des progrès pour attirer l’attention des autorités gouvernementales et règlementaires sur l’impact des IFRS. « Ça nous aurait forcés à retirer des produits de garantie à long terme des tablettes. Fondamentalement, ça touche le cœur de notre industrie et de la pratique des conseillers. Ce n’est pas un sujet très sexy, mais quand on combat cela, on protège l’industrie, en quelque sorte », dit-il.

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