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COVID-19 et télémédecine : les offres pleuvent alors que l’anxiété crève le plafond

par Aurélia Morvan | 07 avril 2020 10h55

Photo: Freepik

Dans le contexte de la COVID-19 et des nombreux enjeux entourant la distanciation sociale que la pandémie impose, assureurs et fournisseurs de solutions de télémédecine répondent présents pour combler les besoins en matière de santé physique, mais aussi mentale. C’est que les Canadiens sont plus anxieux que jamais, confirme l’Indice de santé mentale de Morneau Shepell.

Cet indice, qui comprend une mesure des répercussions de la pandémie sur la santé mentale des travailleurs canadiens, a atteint un score de 63, contre un score de référence de 75 enregistré avant la crise sanitaire mondiale. Morneau Shepell parle d’un résultat « très inquiétant » et d’un changement « sans précédent » sur la période de trois ans pendant laquelle les données de référence ont été collectées.

« Ces résultats confirment que la COVID-19 n'est pas uniquement une maladie infectieuse, mais une véritable crise de santé mentale. » - Paula Allen, première vice-présidente, recherche, analytique et innovation, Morneau Shepell

L’humain et son portefeuille menacés

« Habituellement, on voit un tel résultat uniquement dans un sous-ensemble d'employés qui traversent une perturbation majeure dans leur vie et ont un risque élevé de maladie mentale. Le plus important changement négatif a été observé dans la mesure de l'anxiété, suivi de l'impuissance, de l'optimisme et de l’isolement », commente la firme spécialisée dans les questions de mieux-être au travail.

Quelque 81 % des 3 000 employés canadiens ayant répondu à Morneau Shepell ont dit que la COVID-19 affectait leur santé mentale. La firme indique ainsi que leurs inquiétudes tournent autour de trois principaux enjeux, dont la mise en péril de leur sécurité financière.

Le numérique à la rescousse

Alors que la distanciation sociale fait barrage à une réponse physique au problème de bien-être mental, de plus en plus d’acteurs, assureurs en tête, misent sur le numérique en proposant des services de soutien et de santé à distance.

  • Le 6 avril, Morneau Shepell, en partenariat notamment avec Canada Vie, Sun Life et Bell Canada, a annoncé le lancement de BienCanadiens, une plateforme donnant aux Canadiens l’accès à des ressources en santé mentale gratuites.
  • Le 3 avril, MindBeacon, fournisseur de thérapie numérique en santé mentale, a annoncé le lancement du programme numérique Construire notre résilience. Financé par Manuvie et Green Shield Canada, la plateforme été conçue pour soutenir les Canadiens face au « stress accru » engendré par la COVID-19. Elle propose à tous et gratuitement des conseils donnés par des psychologues.
  • Le 1er avril, Shoppers Drug Mart - Pharmaprix a annoncé offrir un accès gratuit au programme de gestion du stress de SilverCloud Health, composé de huit modules, afin d’aider les Québécois à mieux gérer leur stress. La chaîne de pharmacies offre par ailleurs des téléconsultations gratuites depuis le 16 mars, par l’intermédiaire de Maple.
  • Le 31 mars, Hub international a annoncé avoir opté pour le fournisseur de soins virtuels EQ Care afin que les participants aux régimes collectifs aient notamment accès à des spécialistes en santé mentale.
  • Le 31 mars, la Financière Sun Life a annoncé offrir, dans le cadre d’un partenariat avec Dialogue, des services de soins de santé virtuels gratuits via sa plateforme Lumino Santé à ses clients des garanties collectives dont le régime comporte une garantie frais médicaux.
  • Le 30 mars, Groupe Cloutier et Medisys avaient annoncer s’allier pour offrir la télémédecine aux ainés et aux employés des résidences.
  • De son côté, SSQ Assurance avait annoncé dès le 23 mars offrir gratuitement l'accès à un service d'aide psychologique par téléphone à l'ensemble de sa clientèle canadienne.
Les gouvernements en quête de réponses

Les gouvernement aussi ont dû s’organiser pour fournir des réponses face à cette crise de santé publique. Celui du Manitoba a annoncé le 27 mars qu’il offrait le programme de thérapie cognitivo-comportementale sur Internet (TCCi) de Morneau Shepell à ses résidents de 16 ans et plus. Lancé récemment, celui-ci permet de traiter les symptômes d'anxiété liés aux pandémies via une plateforme en ligne.

« Le Manitoba est la première province à proposer notre programme de TCCi à ses résidents. Nous discutons actuellement avec différents clients potentiels de la possibilité de fournir un service de soutien semblable », a dit au Portail de l’assurance Josée St-Pierre, porte-parole de Morneau Shepell.

Du côté du gouvernement du Québec, la réponse s’organise également. La ministre de la Santé Danielle McCann a dit, lors du point de presse gouvernemental du 31 mars, avoir demandé à tous les intervenants d’appeler les 325 000 Québécois connus pour avoir un problème de santé mentale, qu’ils soient déjà suivis ou sur une liste d’attente.

« On regarde pour mettre en place une stratégie plus globale pour la population du Québec, qui irait au-delà des gens déjà connus », a-t-elle dit. En attendant, elle a réinvité les personnes qui ne seraient pas encore connues des services psychosociaux à appeler leur CLSC en cas de problème lié à leur santé mentale, pour avoir de l’aide par téléphone. Elle a par ailleurs rappelé l’existence de lignes d’écoute.

Par exemple, les 22 centres d'écoute de l'Association des Centres d'Écoute Téléphonique du Québec (ACETDQ) offrent des services d'écoute téléphonique gratuits, anonymes et confidentiels à ceux qui ont besoin de parler et, surtout, d'être accompagnés dans leurs difficultés émotives.

« Il y a une hausse de la demande d'aide en santé mentale. Heureusement, plusieurs anciens écoutants offrent des disponibilités. Cela nous permet de répondre efficacement aux besoins grâce à une équipe de plus de 800 écoutants formés en écoute active », a déclaré Monique Boniewski, présidente de l’association, le 2 avril.

En complément des échanges téléphoniques, le gouvernement du Québec entend « développer des plateformes de téléconsultation pour la santé mentale », a dit Mme McCann, sans en dévoiler plus. « Quand on va sortir de cette crise, notre réseau va être transformé à plusieurs niveaux », a-t-elle assuré.

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