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De plus en plus de Québécois utilisent des objets connectés pour protéger leur logement

par Aurélia Morvan | 11 juin 2020 10h02

Photo: Freepik

Alors que l’Internet des objets chamboule l’assurance, le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (Cefrio) s’est penché sur l’utilisation des objets connectés par les Québécois.

L’organisme, qui cessera ses activités le 30 juin prochain, après 33 ans d’existence, vient en effet de publier le volet « mobilité » de son enquête NETendances 2019. Celui-ci montre qu’un adulte québécois sur trois, soit 33 %, possède au moins un objet connecté pour son logement. Il s’agit d’une hausse de 9 points de pourcentage par rapport à 2018, lorsqu’ils étaient 24 %.

Si un tiers des Québécois dans leur ensemble détient au moins un objet connecté pour la maison, ce chiffre monte à 39 % pour la tranche des 25-34 ans et jusqu’à 42 % pour la tranche des 18 à 24 ans. Les 35-54 ans, les 55-64 et les 65 ans et plus sont respectivement 30 %, 32 % et 31 % à en posséder au moins un, indique l’organisme soutenant l’appropriation du numérique au Québec.

La sécurité avant tout

Les données récoltées par l’organisme auprès de Québécois âgés de 18 ans et plus, par voie téléphonique, entre février 2019 et janvier 2020, montrent que parmi les cinq grandes catégories d’objets connectés, l’une est plus populaire que les autres.

Il s’agit de celle des appareils destinés à la surveillance et au contrôle des foyers, tels que les avertisseurs de fumée, les caméras reliées par Internet, les détecteurs de fuites d’eau ou encore les systèmes de serrure et de sonnerie. Quelque 20 % des adultes québécois possèdent au moins un objet connecté issu de cette catégorie.

Arrive ensuite la catégorie des appareils destinés au divertissement au foyer, qu’il s’agisse d’une assistance vocale à domicile, d’un drone ou encore d’un robot téléguidé, adoptés par 13 % des Québécois.

Progression des détecteurs de fumée et de fuite d’eau

Le Cefrio a pu dresser la liste des objets connectés destinés au logement les plus populaires chez les adultes québécois, c’est-à-dire ceux dont le taux d’adoption a connu la plus forte croissance entre 2018 et 2019.

Parmi eux, l’on retrouve l’avertisseur de fumée connecté dont le taux d’adoption a augmenté de six points de pourcentage pour atteindre 11 %, ou encore le système de détection des fuites d’eau dont le taux d’adoption a augmenté de trois points de pourcentage pour atteindre 6 %.

Une tendance freinée par la COVID-19 ?

Puisqu’ils aident à assurer la sécurité des logements en l’absence de leurs occupants notamment, les objets connectés peuvent faire baisser la prime d’assurance habitation de ceux qui en possèdent.

Or, maintenant que les citoyens passent plus de temps chez eux, pour contrer la pandémie de la COVID-19, peut-on de fait s’attendre à un recule de l’assurance connectée ? Oui, affirme GlobalData.

« L’augmentation du temps passer à la maison réduira sans aucun doute l'utilisation de certains appareils qui profiteraient aux assureurs habitation. » - Daniel Pearce, analyste en assurance chez GlobalData.

Dans un commentaire publié le 9 juin dernier, la firme britannique spécialisée en données et en analytique indique que la COVID-19 « limitera l'adoption de polices d'assurance habitation connectée, malgré le fait que la pandémie pousse les consommateurs à adopter la technologie ».

Une enquête menée par la firme au Royaume-Uni montre que l’utilisation de la technologie par les détenteurs d’assurance habitation a augmenté en 2019, relève Daniel Pearce, analyste en assurance de la firme. « Une telle tendance est une bonne nouvelle pour les assureurs proposant des polices d'assurance habitation connectée, car certaines technologies telles que les détecteurs de fuite d'eau et les systèmes de sécurité intelligents contribuent à réduire le montant et la fréquence des réclamations », dit-il.

Sauf qu'au Royaume-Uni comme ailleurs, les directives gouvernementales ont poussé et poussent encore les gens à rester chez eux autant que possible, même en période de déconfinement.

M. Pearce en tire donc la conclusion que « l’augmentation du temps passer à la maison réduira sans aucun doute l'utilisation de certains appareils qui profiteraient aux assureurs habitation » en temps normal.

« Par exemple, les assurés seront désormais moins enclins à acheter un détecteur de fuite d'eau, car ils auront inévitablement l'impression de pouvoir détecter une fuite plus rapidement étant donné qu'ils sont plus à la maison. Les réclamations relatives aux fuites d'eau étant l'un des plus grands défis auxquels sont confrontés les assureurs, une telle tendance sera préoccupante pour ceux qui cherchent à intégrer la technologie dans leurs polices d’assurance », dit l’analyste.

Dans une précédente analyse, GlobalData indiquait toutefois que les assureurs présents dans le segment de l’habitation pourraient tirer profit de l’essor du télétravail puisque, selon la firme, cette tendance leur permettra d’augmenter les primes.

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