Environ 17% des adultes au Canada déclarent avoir une santé buccodentaire passable ou mauvaise, selon un nouveau rapport sur la santé de Statistique Canada intitulé Prévalence et corrélats d’une santé buccodentaire autodéclarée passable ou mauvaise au Canada.
La prévalence d’une santé buccodentaire passable ou mauvaise est beaucoup plus élevée chez les personnes qui rapportent d’autres problèmes liés, notamment des douleurs buccales, des problèmes buccaux non traités, la nécessité d’éviter certains aliments et une sécheresse buccale persistante. Pour chacun de ces quatre problèmes la prévalence est de trois ou quatre fois supérieure par rapport à lorsque le problème est absent (ou rarement vécu).
Déclarer avoir une santé buccodentaire passable ou mauvaise est aussi plus fréquent chez les personnes dotées de prothèses dentaires, qu’elles aient quelques dents ou non. « Le fait de ne pas avoir fait de visite annuelle chez le dentiste ou de ne pas se brosser les dents deux fois par jour augmentait également le risque, tout comme le fait d’être un homme, une personne racisée, ou le fait d’appartenir à un ménage à faible revenu, ainsi que d’avoir un moins bon état de santé général », indiquent les autrices du rapport.
Elles soulignent également qu’une bonne santé buccodentaire est associée à une plus grande longévité et à un risque réduit de maladies cardiovasculaires et de certains cancers.
Selon Statistique Canada, disposer de données détaillées et à jour sur la santé buccodentaire de la population canadienne est essentiel pour améliorer les soins, réduire les inégalités et orienter les récentes initiatives de politiques publiques, dont le Régime canadien de soins dentaires (RCSD).
« Les obstacles financiers qui empêchent de nombreuses personnes d’accéder aux soins dentaires au Canada devraient diminuer avec l’admissibilité au Régime », énoncent les autrices du rapport. « La surveillance des changements liés à la santé buccodentaire après la mise en œuvre du RCSD est nécessaire pour évaluer les progrès », poursuivent-elles. Notons que le RCSD a été déployé graduellement auprès des personnes admissibles à partir de décembre 2023.
Des profils variés
Déclarer avoir une santé buccodentaire passable ou mauvaise est plus fréquent chez les hommes, puisque 18,5% d’entre eux ont indiqué être dans cette situation contre 15,6% des femmes. C’est aussi plus fréquent chez les personnes âgées de 65 ans ou plus (22,7%) par rapport aux personnes âgées de 18 à 34 ans (15,1%).
« Près d’un quart (24,3%) de la population racisée a qualifié sa santé buccodentaire comme passable ou mauvaise, ce qui était supérieur au pourcentage de 14,3% observé pour la population non racisée (en excluant les personnes autochtones), ajoutent les autrices du rapport. Les estimations de santé buccodentaire passable ou mauvaise ont suivi la même tendance pour les immigrants (24,4%) par rapport aux non-immigrants (14,2%). »
La corrélation est aussi financière, puisqu’une « santé buccodentaire passable ou mauvaise était environ trois fois moins fréquente chez les personnes du quintile de revenu le plus élevé (7,6%) comparativement à celles du quintile de revenu inférieur (23,5%) ». En ce sens, « une santé buccodentaire passable ou mauvaise était également plus répandue parmi les personnes qui ont déclaré ne pas avoir d’assurance dentaire (25,3%) que parmi celles qui avaient au moins une certaine couverture (12,1%). »
Les résultats ont été récoltés auprès de 27 039 répondants âgés de 18 ans et plus. Ils proviennent de l’Enquête canadienne sur la santé buccodentaire (ECSB), menée entre le 27 novembre 2023 et le 13 mars 2024 de manière volontaire et représentative à l’échelle nationale.
La santé buccodentaire perçue reposait sur les réponses à la question : « En général, comment évalueriez-vous votre santé buccale? » Les choix de réponse étaient « excellente », « très bonne », « bonne », « passable » ou « mauvaise ».