La croissance au Canada, le recours accru à l’intelligence artificielle (IA) et la croissance par fusions et acquisitions devraient tous contribuer au succès futur d’Intact Corporation financière, selon des dirigeants qui ont pris la parole lors de récentes conférences à l’intention des investisseurs.

Lors de ces deux événements — l’un avec Patrick Barbeau, chef de l’exploitation d’Intact, au Sommet financier de la Banque Scotia, le 10 septembre, et l’autre avec Ken Anderson, chef des finances d’Intact, à la Barclays Global Financial Services Conference, le 15 septembre —, les deux dirigeants ont souligné les investissements de l’entreprise dans l’IA.

Ils indiquent qu’Intact prévoit accélérer le déploiement de cette technologie dans la tarification, les activités d’exploitation, les ventes, la souscription en assurance des entreprises et les réclamations, « avec comme principal objectif de stimuler et de soutenir la croissance des revenus », affirme Patrick Barbeau. « Nous déployons l’IA et accélérons son déploiement dans la tarification et la sélection des risques en assurance des entreprises, particulièrement en assurance spécialisée, et nous constatons de bons progrès à cet égard. »

Les dirigeants soulignent que les investissements de l’entreprise dans l’IA ont commencé il y a dix ans. L’entreprise compte 600 personnes qui travaillent dans son laboratoire de données. Elle a déployé à grande échelle plus de 600 modèles, dont les deux tiers sont utilisés pour la tarification, tandis que l’autre tiers soutient la souscription, les ventes et les réclamations.

Aujourd’hui, l’entreprise utilise des modèles de troisième et de quatrième génération. Elle entrevoit également d’importantes possibilités de déployer cette technologie dans ses activités aux États-Unis et au Royaume-Uni, où son taux de déploiement se situe présentement à environ 30%.

Bénéfices récurrents

« Dans l’ensemble, cela génère actuellement plus de 220 millions de dollars en bénéfices récurrents annuels que nous sommes en mesure de mesure », affirme Patrick Barbeau. Il souligne qu’il y a un an et demi, l’entreprise avait indiqué qu’elle atteindrait 500 millions de dollars d’ici 2030. Elle a depuis raccourci cet horizon et prévoit atteindre cette cible d’ici 2028.

« Nous avons récemment accéléré nos investissements et nous constatons que les bénéfices liés à la tarification et à la réévaluation de la sélection des risques en assurance des entreprises et en assurance spécialisée produisent en fait de meilleurs résultats que ce que nous avions anticipé à l’époque », ajoute-t-il. « L’autre chose, et vous ne serez pas surpris de l’entendre, c’est que la technologie et l’IA ont fait un grand bond en avant au cours des 12 derniers mois. »

S’adressant aux investisseurs et aux gestionnaires d’actifs réunis, il présente également les grandes lignes de la stratégie de l’entreprise en matière d’IA : déployer encore davantage la technologie dans la tarification et les activités d’exploitation, améliorer l’expérience des clients et des courtiers, réduire les coûts de développement de logiciels (l’entreprise compte également 1 500 développeurs qui utilisent des techniques de programmation fondées sur l’IA) et accélérer le développement de l’IA elle-même.

Au Canada, le dirigeant dit par ailleurs s’attendre à ce que les conditions de marché ferme persistent tant en assurance automobile des particuliers qu’en assurance de biens des particuliers, « pour des raisons légèrement différentes ».

Inflation et tendances climatiques

L’assurance automobile des particuliers continue d’être aux prises avec une inflation se situant autour de 5%. Malgré cela, l’entreprise a obtenu de bons résultats dans ce segment, même en Alberta. « C’est un secteur dans lequel nous affichons un bon niveau de surperformance », dit-il. « Nous nous préparons à gagner des parts de marché dans cet environnement. »

L’assurance de biens des particuliers a pour sa part semblée plus rentable en 2025, mais Patrick Barbeau attribue cette situation à une saison de catastrophes moins coûteuse cette année-là. « L’industrie doit également établir ses tarifs en assurance de biens des particuliers en fonction d’un taux d’inflation se situant autour de 5% », ajoute-t-il. « L’inflation et les tendances climatiques devraient contribuer au maintien des conditions de marché ferme. »

Enfin, les fusions et acquisitions ont fait partie des sujets abordés avec les deux dirigeants. Patrick Barbeau précise l’ampleur des possibilités qui s’offrent à l’entreprise, soulignant qu’en tenant compte de l’effet de levier, celle-ci pourrait réaliser une acquisition d’environ 6 milliards de dollars avant de devoir émettre davantage d’actions. « Nous ne cherchons pas à nous implanter dans de nouveaux marchés », ajoute-t-il, en soulignant que l’entreprise détient actuellement une part de marché de 20% au Canada. « Nous pouvons réellement accroître cette part de 50%. Il y a donc beaucoup d’appétit à cet égard. »

Ken Anderson souligne également que l’entreprise n’est pas limitée par ce seuil de 6 milliards de dollars. « Nous croyons que, compte tenu de nos antécédents en matière de déploiement du capital, les marchés boursiers seraient prêts à nous soutenir pour toute transaction de plus grande envergure que nous envisagerions. »

Lors de sa présentation, Ken Anderson a également indiqué que l’entreprise dispose actuellement d’un volume de primes de 17 milliards de dollars au Canada et prévoit le porter à 25 milliards de dollars d’ici 2030. À l’heure actuelle, 50% des activités de l’entreprise proviennent de l’assurance des particuliers, tandis que le reste provient de l’assurance des entreprises et de l’assurance spécialisée.

« Là, les pressions se situent du côté des grands comptes », dit-il au sujet de l’assurance des entreprises. Il ajoute toutefois que la majorité des activités de l’entreprise dans ce secteur, soit environ 70%, proviennent du marché des petites et moyennes entreprises. « Les conditions y sont beaucoup plus rationnelles et favorables », dit-il pour décrire ce marché. « Nous constatons beaucoup moins de pression sur les tarifs dans ces segments. »