Intact Corporation financière vise à devenir un acteur important du marché des assurances spécialisées en Amérique du Nord et dans le monde. Au Canada, elle s’affaire à réussir l’intégration de RSA Insurance Group plc, une opération qu’elle a conclue en juin. Au Royaume-Uni, elle veut renforcer sa position du côté de la distribution en rapatriant au siège social la responsabilité de la tarification, de la sélection des risques, de la souscription et des indemnisations.
Enfin, le PDG de la société, Charles Brindamour, signale qu’Intact souhaite également investir dans la distribution en Amérique du Nord, pour soutenir à la fois ses activités au Canada et celles de ses assurances spécialisées aux États-Unis.
Ce sont là des propos tenus par M. Brindamour au dernier Sommet financier de la Banque Scotia, tenu virtuellement en septembre.
L’intégration des assurances personnelles
« Je dirais que, au Canada, nous avons vraiment du pain sur la planche, a déclaré le PDG à l’auditoire. Nous redoublons d’efforts en assurance directe, nous faisons de même du côté de l’assurance commerciale et, en plus, nous sommes en train d’intégrer des produits d’assurance personnelle au réseau de distribution par courtage, ce qui rend le tout vraiment complet. »
En s’attardant aux différents éléments qui modifient le marché canadien, il affirme que les forces inflationnistes qui marquent le secteur de l’assurance automobile personnelle devraient raffermir les conditions de tarification au cours des 12 prochains mois. Il calcule que, par ailleurs, l’utilisation automobile a diminué d’environ 5 % comparativement à ce qu’elle était avant la pandémie ; la nature des demandes d’indemnisation diffère aussi légèrement de ce qu’elle était par le passé.
Des possibilités de croissance
« À notre avis, cela crée des possibilités de croissance dans des domaines qui offrent de meilleures marges », dit-il.
Il précise que, au cours des six à neuf prochains mois, l’équipe canadienne d’Intact cherchera en particulier à tirer le meilleur parti de l’acquisition de RSA. La clientèle procurée par RSA agit comme un accélérateur sur la stratégie de croissance de l’entreprise.
« Cela nous aide vraiment à aller encore plus vite sur la voie où nous nous trouvions avant la transaction. Grâce à elle, notre position de chef de file au Canada grimpe de 30 %. Elle nous donne au moins 30 % de plus d’envergure, de gammes spécialisées et de présence à l’international », dit-il.
Au Royaume-Uni, l’accent portera désormais davantage sur la distribution directe. « Là-bas, la stratégie de distribution consiste à moins miser sur les distributeurs auxquels nous avons accordé beaucoup d’autorité. Je dirais que nous voulons nous assurer de toujours garder la mainmise sur la tarification, la sélection des risques, la souscription et les indemnisations. Comme c’est un principe fondamental d’Intact, nous allons moins mettre l’accent sur les secteurs du Royaume-Uni où cette mainmise n’est pas solide. »
Des investissements technologiques
M. Brindamour poursuit en disant que, au Royaume-Uni, l’entreprise doit également investir considérablement dans la technologie liée au secteur. « Il peut être risqué d’investir massivement dans la technologie, mais nous avons de très bons antécédents dans le domaine, dit-il. D’ailleurs, nous sommes plutôt satisfaits des progrès réalisés. »
L’équipe américaine a, elle aussi, obtenu de bons résultats. « Comme je l’ai mentionné, cette équipe a été à l’origine d’une surperformance. Je me sens beaucoup mieux face à notre déploiement de capitaux aux États-Unis. Nous n’avons pas encore atteint notre but, mais nous nous en approchons. »
Il ajoute que la société Intact vise à faire partie des grands noms de l’assurance spécialisée de par le monde et qu’elle évaluera les débouchés dans ce domaine au cours des 12 à 24 prochains mois.
Quatre grands thèmes
Lorsqu’il pense au marché de l’assurance en général, que ce soit au Canada ou dans le monde, M. Brindamour uatre grands thèmes en tête : la pandémie de COVID-19, les changements climatiques, les perturbations économiques et les conditions du marché.
Parmi les priorités de l’entreprise figurent le soutien à la clientèle, le retour de ses effectifs au cours des 12 prochains mois, la continuation des activités prévues et la poursuite des investissements en vue d’une croissance à moyen et long termes.
Plus précisément, selon lui, cela veut dire que l’entreprise deviendra un chef de file encore plus reconnu au Canada et qu’elle investira dans le numérique, la distribution et l’intelligence artificielle (IA), tout en suivant de près les demandes d’indemnisations et la gestion de la chaîne d’approvisionnement.
Des produits spécialisés partout dans le monde
« Le positionnement stratégique signifie également pour nous la mise en place d’une plateforme internationale d’assurances spécialisées, explique-t-il. Nous sommes en train de devenir un acteur important du secteur des assurances spécialisées en Amérique du Nord, et bientôt dans le monde entier. Et nous veillons vraiment à élargir notre présence et nos produits spécialisés, en plus de créer de la surperformance. Sur ce plan, l’équipe américaine a fait un très bon travail. »
« Pour moi, l’essentiel sera de maintenir et d’accroître notre surperformance au Canada, de miser sur celle que l’équipe américaine a bâtie et de créer de la surperformance au Royaume-Uni et en Irlande d’ici 24 à 36 mois. » – Charles Brindamour
En évoquant le rendement et les perspectives de croissance de l’entreprise, il précise que la « surperformance » est un élément indispensable à sa croissance et à la prise de décision. Il définit cet objectif par l’atteinte de résultats meilleurs que les normes d’industrie.
« Nous avons généré 670 points de base de surperformance du rendement des capitaux propres (return on equity) au cours de la dernière décennie. Nous voulons continuer ainsi d’au moins 500 points de base chaque année, dans tous les aspects de notre plateforme. Ce résultat n’est pas conforme à la moyenne. Autrement dit, nous voulons être les champions partout où nous passons », souligne-t-il.
« Pour moi, l’essentiel sera de maintenir et d’accroître notre surperformance au Canada, de miser sur celle que l’équipe américaine a bâtie et de créer de la surperformance au Royaume-Uni et en Irlande d’ici 24 à 36 mois. C’est ce qui doit être fait. J’ai l’impression que le marché nous est très favorable. Et nous avons des plans d’action solides en place. »