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L’assurance vie universelle forcée de revenir à la base

par Alain Thériault | 25 avril 2018 07h00

Saundra Roll

En raison de son positionnement comme abri fiscal, l’assurance vie universelle est le produit qui a le plus écopé des nouvelles règles fiscales. Pour rehausser ses ventes, elle doit revenir à la base de son rôle, croient des assureurs.

« Les nouvelles règles fiscales ont eu un impact plus grand sur la vie universelle que la vie entière. Lorsque que la législation précédente a été mise en place en 1982, ce produit n’existait pas », dit Saundra Roll, vice-présidente adjointe, soutien, produits et affaires de grande taille, solutions d’assurance, client individuel de Great-West.

Une partie des nouvelles règles visait à aligner le fonctionnement des deux produits, dit-elle. « Je ne suis pas certaine que cela signifie une baisse des ventes pour la vie universelle. Vous ne pouvez mettre autant de primes dans votre police universelle qu’avant. Le produit offre toujours une bonne valeur aux Canadiens et une occasion de reporter l’impôt sur les sommes accumulées. »

Malgré les nouvelles règles, Saundra Roll croit que la vie universelle et les produits d’assurance vie entière continuent d’offrir aux Canadiens une façon peu couteuse de transférer des actifs à la prochaine génération. « Ils demeurent une partie importante dans la planification de leur sécurité financière », ajoute-t-elle.

Stéphane Beaumier, vice-président régional, réseau carrière de Financière Sun Life, dit avoir observé un regain des ventes d’assurance vie universelle. « En 2016, il y avait moins de ventes en vie universelle. On pense qu’il y aura un regain dans les prochains mois. Nous formons davantage nos conseillers à l’égard de ce produit. »

Il constate qu’un vacuum s’est créé dans les ventes d’assurance après la ruée de 2016 en raison de la nouvelle fiscalité. Par la suite, il n’y a pas eu moins de vente en nombre de polices, mais plutôt moins de ventes en termes de primes importantes.

« C’est normal, car nos clients à valeur nette élevée ont fait leurs achats en 2016. C’est comme si tous ceux qui auraient acheté idéalement en 2017 et en 2018 ont devancé leur achat. Cela prendra un peu plus de temps à revoir de gros dossiers. Tous les conseillers ont vidé leur pipeline en 2016 », explique M. Beaumier.

Pas de bouleversement

Quel avenir pour les produits permanents, maintenant que les règles fiscales sont moins généreuses ? « Ce n’est pas grave, car si ces règles sont moins généreuses, elles sont encore avantageuses. Nous suggérons aux conseillers de mettre l’accent sur les avantages actuels et de parler du produit actuel. S’il y a moins de place à accumuler des sommes dans la police, il en reste tout de même encore. Ces changements ne posent pas de défis à moyen et long terme. Il s’agit de continuer à positionner ces produits comme avant. »

En termes de positionnement, la réforme fiscale ne bouleversera pas les produits d’assurance vie permanente, croit de son côté Guy Couture, vice-président, ventes, assurances individuelles, Québec, de Manuvie. « Ce ne sont pas tellement ces produits que nous changerons, puisque leur tarification est davantage influencée par les taux d’intérêt que par les règles fiscales. La question est plutôt : quelles solutions nous proposerons au client en planification successorale, plutôt que de développer de nouveaux produits comme tel. »

Il croit que l’assurance universelle peut s’insérer avantageusement dans la planification du client, malgré les nouvelles contraintes de la loi de l’impôt. « Par exemple, nous offrons une assurance vie universelle avec taux d’assurance renouvelable annuellement (TRA), qui peut constituer une option intéressante pour les clients qui veulent créer une bonne valeur successorale. »

Positionnement en fonds garantis

Le 8 janvier, iA Groupe financier a augmenté de 20 %, en moyenne, les prix du cout d’assurance des options de paiement accéléré 10, 15 ou 20 ans de son assurance vie universelle Genesis. Cette hausse du taux des primes a touché le produit à cout nivelé. L’assureur a décidé d’orienter ses efforts vers un produit récemment mis en marché.

Dans un message à ses conseillers, dont le Journal de l’assurance a obtenu copie, iA suggére d’envisager le produit Capital Valeur comme alternative pour les clients touchés par la hausse. L’assureur dit que la version de paiement en 15 ans de Capital Valeur n’a pas subi de hausse des prix.

Stéphane Beaumier note pour sa part que l’impact des nouvelles règles et des bas taux d’intérêt sur les prix a été nul. « Tous nos produits permanents sont nouveaux depuis janvier 2017. Les bas taux d’intérêt demeurent un défi. Bien sûr, nous aimerions qu’ils reviennent à la hausse. Les nouveaux produits ont toutefois été adaptés à cette réalité lorsqu’ils ont été lancés. Des produits sont même moins chers. Dans certaines tranches d’âge, il y a eu une diminution jusqu’à 10 %. Dans d’autres, il y a eu des augmentations, ce qui fait que les prix sont les mêmes qu’avant. »

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