Au début de juillet, l’Association des conseillers financiers du Canada, aussi appelée Advocis, a annoncé la nomination d’Arun Channan à la présidence de son conseil d’administration national pour un mandat de deux ans.

Arun Channan

Bien qu’il ne soit pas lui-même conseiller, M. Channan est bien connu au sein d’Advocis. Il a notamment été président de la section Simcoe-Muskoka, agent de liaison pour les affaires gouvernementales de la région du Centre de l’Ontario et, plus récemment, administrateur national.

Channan est également consultant en gestion chez Myndwerx. Ingénieur de formation, il accompagne depuis maintenant 30 ans des conseillers, des agents généraux (MGA), des assureurs, des entreprises de gestion de patrimoine et les organisations qui gravitent autour d’eux. Il les aide à élaborer leurs stratégies, à développer leur leadership, à planifier leur relève et à améliorer leur service à la clientèle.

« Mon principal objectif est de les aider à se rapprocher de leurs clients idéaux », a déclaré M. Channan au Portail de l’assurance lors d’un entretien portant sur ses nouvelles fonctions à la présidence du conseil d’administration national.

« Les conseillers financiers et les planificateurs financiers évoluent dans un environnement règlementaire et commercial de plus en plus complexe. Advocis a un rôle important à jouer pour les représenter », soulignait-il également dans le communiqué annonçant les résultats des récentes élections du conseil.

Les priorités de l’association

Parmi les priorités d’Advocis pour les prochaines années, le communiqué indique que l’association poursuivra ses efforts pour renforcer la défense des intérêts de la profession, améliorer l’expérience des membres et poursuivre le travail visant à promouvoir la profession. Pour sa part, M. Channan affirme vouloir poursuivre sur les acquis des conseils précédents, en maintenant l’accent sur une représentation forte des intérêts des membres. Le développement d’une formation pratique et le renforcement des sections locales figurent également parmi ses priorités.

« Ces trois éléments sont ce que nos membres souhaitent », dit-il. « J’aimerais aussi voir la profession devenir plus professionnelle. » À cette fin, il estime que les conseillers devraient s’efforcer d’obtenir leurs titres professionnels ainsi que toute la formation possible. Certaines provinces ont adopté des mesures de protection des titres exigeant que les professionnels obtiennent les qualifications appropriées avant de pouvoir se présenter comme planificateur financier ou conseiller financier. M. Channan souhaiterait voir ce modèle s’étendre à l’ensemble des autres provinces.

Il souligne également le besoin d’une formation utile et concrète, citant comme exemple la vague de l'intelligence artificielle (IA) qui déferle sur les conseillers, un domaine où une bonne formation est essentielle. « J’aimerais que les participants repartent avec une formation qu’ils puissent mettre en pratique immédiatement », ajoute-t-il.

En ce qui concerne l’IA, il précise que l’association n’a pas encore arrêté sa position officielle. « Mais nous savons qu’elle fera partie de nos activités et de celles de nos membres », dit-il, y voyant à la fois une occasion de formation et d’amélioration des systèmes utilisés par les conseillers.

« C’est une excellente occasion, parce que nous pouvons les aider à gagner du temps. En disposant de plus de temps, ils peuvent mener une vie plus équilibrée. Nous voulons leur offrir une formation pratique sur l’utilisation responsable et efficace de la technologie », affirme-t-il.

Parmi les autres priorités figure également le recrutement de davantage de cabinets et de conseillers afin d’accroître le nombre de membres d’Advocis, ainsi que le développement de partenariats « afin d’offrir aux membres des progrès constants et visibles », dit-il. Sans dévoiler davantage de détails, il laisse entendre que certains de ces partenariats porteront probablement sur la programmation destinée aux membres.

Parmi les principaux dossiers de l’association figurent les règles encadrant les agents généraux (MGA), la protection des titres, les commissions de suivi, l’incorporation des conseillers ainsi que l’harmonisation de la règlementation à l’échelle du pays. Les défis auxquels font face l’association et ses membres comprennent notamment une règlementation complexe et une technologie qui, selon lui, arrive « à une vitesse fulgurante » dans le quotidien des conseillers, alors que l’industrie peine également à attirer de nouveaux candidats vers la profession.

La règlementation

Selon M. Channan, la présence d’Advocis à la table des discussions avec les organismes de règlementation et les gouvernements, lors de l’élaboration de changements touchant le secteur, demeure l’une des principales raisons d’être de l’association. Il qualifie cette approche de « défense crédible des intérêts ».

« Nous sommes toujours à la table avec les organismes de règlementation. Nous voulons continuer d’y être. Ils accordent de la valeur à notre contribution. J’aimerais que cela se poursuive », affirme-t-il.

Le défi consiste notamment à collaborer avec les organismes de règlementation de l’ensemble des provinces et des territoires afin de promouvoir une règlementation proportionnée, pratique et cohérente, sans imposer un fardeau excessif aux conseillers. « Nous voulons également aider les organismes de règlementation à comprendre comment les politiques se traduisent dans la pratique, en nous appuyant sur l’expérience concrète de nos conseillers. Nous avons la chance de pouvoir compter sur un très grand nombre de bénévoles. »

Des sections locales solides

Channan ajoute qu’il est fier des membres d’Advocis, qui sont très actifs auprès des dirigeants locaux et provinciaux.

Afin de mieux les servir, l’association poursuit également ses efforts pour bâtir des sections locales solides. Au cours des dernières années, il indique que le renforcement de la gouvernance, une plus grande discipline financière et de nouveaux règlements administratifs, ratifiés en juin par les membres de l’association, s’inscrivent dans cette démarche. Selon lui, grâce à une réorganisation en cours, l’organisation dispose aujourd’hui de meilleures informations qu’auparavant.

« Les sections fonctionnent de façon relativement autonome sous notre supervision. Mais nous voulons leur offrir une meilleure gouvernance. Nous voulons leur donner de meilleurs mécanismes de contrôle de leurs finances », explique-t-il. « Chaque section est dirigée par son propre conseil d’administration, mais selon les orientations du conseil national. Nous voulons renforcer cet aspect de la gouvernance. »

Il précise qu’Advocis compte actuellement 26 sections locales, chacune dotée de son propre conseil d’administration. « Les gens font les choses différemment, même s’il existe des lignes directrices. Nous voulons nous assurer que les pratiques sont uniformes partout au pays. »

Il ajoute enfin que, fait important, les membres se disent satisfaits des changements qu’ils constatent.

« Nous continuons de gagner la confiance de nos membres, dit-il. Je veux concentrer nos efforts sur un travail qui fait une différence concrète pour les conseillers. »