Les bannières en assurance de dommages occupent une place importante dans le réseau de distribution par courtage. Durant la pandémie, la plupart des bannières ont mis le recrutement en mode pause, faute de pouvoir augmenter leur offre de services. 

Le retour à la normalité leur permet désormais de reprendre le recrutement et de consolider les activités de leur réseau. 

Assurancia 

La bannière Assurancia a accueilli un nouveau membre en 2022 avec l’arrivée du cabinet Assurancia Gauthier Flamand, au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Son président, Jean-Pierre Tardif souligne aussi l’arrivée de Marie-Lynne Venne au conseil, après le rachat des actions détenues par son père dans le cabinet Assurancia Michel Venne. Lucie Decelles est toujours présente, mais elle a de la relève dans son cabinet avec Catherine Dubuc et Myriam Parent

Chaque cabinet affilié délègue un représentant au conseil d’administration de la bannière. « La première chose que j’ai faite en arrivant a été d’élargir le conseil d’administration pour intégrer la relève. Pour chaque membre du conseil, j’ai demandé à ce qu’il y ait une personne de la relève. On a donc doublé la taille du conseil, mais ces personnes n’ont pas de droit de vote. Ce sont des observateurs avec droit de parole. Ça a été bon, ça apporte de la fraîcheur », indique M. Tardif. 

AssurExperts 

De son côté, grâce à l’efficacité de son outil numérique, la bannière AssurExperts est désormais en mesure d’augmenter l’offre de services aux membres. Une cinquantaine de personnes y travaillent. AssurExperts a été en mesure d’accueillir deux nouveaux cabinets en 2023. Il s’agit de Chapdelaine Assurances, à Belœil, et Assurances BJL à Saint-Georges-de-Beauce. 

Jacques Tardif, vice-président, développement et cautionnement, précise : « J’ai une liste de 25 à 30 cabinets qui souhaiteraient devenir un membre d’AssurExperts. C’est évident qu’on ne pourra pas tous les prendre. » La distribution géographique des membres sur le territoire est un facteur, et les deux cabinets récemment affiliés permettent à la bannière de couvrir des régions où elle était absente. 

« On veut d’abord s’assurer que les cabinets sont dans des créneaux et des marchés que nous sommes capables de souscrire. On veut que le cabinet réponde aux critères qu’on recherche comme partenaire. Où sont-ils établis ? Quel est leur ratio de pertes à l’heure actuelle ? On s’attend à ce que les affaires qu’ils vont nous soumettre soient à peu près de même qualité », ajoute M. Tardif. 

« Il faut que le cabinet soit capable de nous donner des affaires supplémentaires en assurance des entreprises », renchérit Hubert Brunet, vice-président de la bannière. « On vise un cabinet qui est axé vers l’assurance aux entreprises, qui a de bons résultats. On ne veut pas être pris avec un cabinet qui affiche de mauvais résultats », poursuit-il. 

AssurUni 

La bannière AssurUni a ajouté quatre courtiers durant les deux premiers mois de 2023. Son président Jimmy Barbour ne voit aucun problème à recruter de nouveaux courtiers. « On essaie d’en avoir deux par mois. Si on est capable de finir entre 15 et 20 courtiers, on aura atteint nos objectifs », dit-il. 

La bannière a aussi des projets d’expansion en Ontario et envisage d’ouvrir un établissement à Toronto en 2023. Sept de ses courtiers sont déjà certifiés auprès du Registered Insurance Brokers of Ontario (RIBO). La veille de notre entretien, M. Barbour rencontrait un courtier à Toronto. « On a une solution qui est peu connue en Ontario. Chaque courtier qu’on a rencontré, même les assureurs à qui on a parlé, ils nous disent que personne n’offre notre solution en Ontario », dit-il. Le courtier ne s’occupe que de la vente et du service à la clientèle, et tout le reste relève de la bannière. 

Courtiers Unis 

La pénurie de main-d’œuvre est une préoccupation constante des bannières. Chez Courtiers Unis, la présidente Julie Saucier constate que l’augmentation des réclamations en 2022 a permis de montrer les limites en ressources humaines en indemnisation chez les assureurs. « Nous avons eu beaucoup plus de réclamations à gérer en 2022 que durant la précédente année. Avec certains assureurs, c’est beaucoup plus difficile, c’est plus long qu’avant dans les délais de traitement », dit-elle.

Ces délais provoquent une hausse du coût des réclamations. « Ça devient plus complexe. On a dû intervenir dans plus de dossiers. Habituellement, les courtiers sont capables de gérer ça, mais quand il y en a plus et qu’ils ont besoin d’un coup de main, on est là pour les aider. On peut intervenir en leur nom auprès de l’assureur pour savoir ce qui se passe dans tel dossier », ajoute Mme Saucier. 

Le recrutement de personnel demeure un souci permanent des dirigeants de cabinets. « On a certains membres qui ont fait des acquisitions, mais on en a perdu d’autres qui ont été achetés parce que, justement, la gestion des ressources humaines était devenue trop essoufflante. Quand on est dans un petit cabinet, si on perd un employé, ça peut devenir compliqué. Il y a quand même eu pas mal de fusions et acquisitions dans les dernières années », dit-elle. 

Groupe Jetté 

Au Groupe Jetté, la bannière a ajouté l’assureur Wawanesa parmi ses partenaires. « Cet assureur permet de collecter les honoraires professionnels directement en prélèvement bancaire. Comme professionnel de l’assurance, on trouve important de mettre à l’avant-plan le professionnalisme qu’on a et on pense que ça représente un certain montant. Cela représente une hausse intéressante des revenus. On souhaiterait que les autres assureurs emboîtent le pas », indique Yannick Jetté

Intergroupe 

De son côté, le président de la bannière Intergroupe constate une certaine stabilisation des relations entre les cabinets de courtage et les assureurs. « On discute farouchement avec Wawanesa pour les avoir, mais ils ne veulent pas avoir une croissance trop rapide. Tout le monde me dit que leur tarification est super, je ne la connais pas, on ne l’a pas dans notre Tarif Experts », souligne Bernard Laporte.

On lui rapporte aussi que dans les lignes personnelles, l’assureur Aviva redevient plus accessible. « On a L’Unique, qui pour moi est un très bon assureur, Intact aussi. En fait, on a de bons assureurs. Dans les lignes personnelles, c’est redevenu un peu plus cohérent. Au commercial, il y a encore du travail à faire. Mais dans les lignes personnelles, ils ont tous fait leur révolution de manière intelligente, un peu douloureuse pour les clients, mais un peu plus pérenne pour le monde de l’assurance », ajoute M. Laporte. 

Les bannières en chiffres 

Voici les données fournies par les bannières. Si on compare ces chiffres avec ceux fournis en janvier 2022, le nombre de membres et de points de vente évolue peu, voire est en baisse dans certains, cas, le volume de primes est en augmentation partout, sauf pour une exception. 

La fin pour CourtiersNet 

La bannière CourtiersNet n’a pas été jointe pour le dossier publié dans l’édition d’avril du Journal de l’assurance. Le site Internet de la bannière ne fonctionne plus. L’an dernier, son fondateur Mario D’Avirro avait refusé de nous fournir le volume de primes de ses membres. 

Le président de la bannière est impliqué dans une poursuite intentée par l’Autorité des marchés financiers envers son cabinet depuis le printemps 2022. Selon le plus récent bulletin de l’Autorité, les parties plaideront sur une demande de communication et de documents le 21 août prochain. 

Incidemment, M. D’Avirro n’a pas remis en vigueur son certificat de courtier et n’est plus membre de la Chambre de l’assurance de dommages. Une plainte a été portée contre lui par le syndic de la Chambre en 2022. Une audience a eu lieu le 23 mars devant le comité de discipline de la Chambre où son procureur a déposé une requête en retrait de plainte. 

Mise à jour du 20 avril 2023 : Depuis la parution de ce texte, le Portail de l’assurance a pu vérifier que la bannière CourtiersNet n’est effectivement plus active. La clientèle du cabinet et de la bannière a été achetée par un autre cabinet de courtage. L’acquéreur préfère ne pas commenter la transaction.

Cet article est un Complément au magazine de l'édition d'avril 2023 du Journal de l'assurance.