Des groupes de travail de l’Institut canadien des actuaires (ICA) se penchent actuellement sur la question des biais et sur la façon dont ceux-ci sont traités dans les normes de pratique de l’organisme. Des modifications sont en cours d’élaboration, et le conseil des normes actuarielles de l’Institut a mis sur pied un groupe de travail désigné chargé de formuler des recommandations.

Afin d’éclairer ces travaux, l’ICA a publié un avis d’intention intitulé Considérations relatives aux biais dans la partie 1000 de la Section générale des Normes de pratique, dans lequel il sollicite des commentaires sur les révisions proposées. Celles-ci visent à fournir des indications plus explicites sur la prise en compte des biais dans le travail actuariel. « À l’heure actuelle, les normes n’abordent la question du biais que de façon très générale », indique l’avis. 

Simon Curtis, FICA (Fellow de l’Institut canadien des actuaires) et membre du groupe désigné sur les biais du Conseil des normes actuarielles, explique que ces travaux visent à faire en sorte que les normes demeurent adaptées à leur objectif.

« À mesure que la pratique actuarielle évolue dans un contexte marqué par les mégadonnées, des données de plus en plus complexes et des modèles plus sophistiqués, nous voulons nous assurer que les actuaires sont pleinement conscients de la nécessité d’examiner continuellement leur travail et leurs mandats afin de veiller à ce que des biais ne s’y introduisent pas, dit-il en entrevue avec le Portail de l'assurance. Nous n’avons rien observé dans la pratique qui nous amènerait à croire que ces changements modifieront de façon importante la pratique actuarielle. Nous nous attendons à ce que les modifications soient relativement peu controversées. »

Alors que les règles de déontologie des actuaires encadrent les biais personnels et les conflits d’intérêts, ce ne sont pas ces aspects qui sont visés par les mises à jour. Les normes de pratique portent plutôt sur les situations où un actuaire pourrait utiliser des ensembles de données, des modèles ou des techniques comportant des biais susceptibles d’influencer son analyse, un enjeu qui, selon M. Curtis, n’avait jusqu’à présent pas fait l’objet d’une attention particulière. « Les normes actuelles ne disent pas grand-chose au sujet des biais. Elles indiquent essentiellement que, lorsque vous utilisez une meilleure estimation, vous devez vous assurer qu’elle est exempte de biais. C’est essentiellement ce que prévoient les normes à l’heure actuelle. »

Il ajoute que le groupe collabore également étroitement avec le groupe de travail désigné de l’ICA sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans la pratique actuarielle. L’avis précise aussi que d’autres groupes de travail de l’ICA, notamment sa commission sur l’évaluation ainsi que ses commissions sur l’information financière en assurance de personnes, des régimes de retraite et en assurance de dommages, seront également consultés. 

Les parties prenantes sont invitées à transmettre leurs commentaires à l’ICA d’ici le 15 octobre 2026. Le Conseil des normes actuarielles indique qu’il prévoit publier un exposé-sondage d’ici le 31 janvier 2027, les normes définitives devant entrer en vigueur au plus tard le 1er mai 2027.