Les PME sont une cible de choix pour les assureurs et leurs réseaux de conseillers, réputés pour tisser des liens étroits avec leur clientèle.

Les assureurs approchent les plus petites entreprises souvent délaissées par les sociétés d’actuariat-conseil. Dans leurs programmes d’assurance collective, Humania Assurance et SSQ Groupe financier acceptent des PME de cinq employés.

« Il s’agit d’un marché intéressant, car il y a beaucoup d’entreprises de moins de 25 employés. Mais les groupes de cinq employés sont plus risqués. S’ils perdent un employé en cours de route, nous nous retrouvons à assurer un groupe qui ne correspond plus à nos critères. Au renouvellement, nous vérifions s’ils ont réembauché », a expliqué M. Gravel.

Chez Desjardins Assurances, Paul Gauthier, chef des produits, groupes et entreprises, chapeaute divers régimes, dont Perform Plus, qui permet d’assurer les groupes de 3 à 49 employés. « Selon nos chiffres, moins de la moitié de ces entreprises possèdent de l’assurance collective. C’est un créneau qui présente un potentiel intéressant », a-t-il précisé.

Desjardins s’assure que l’entreprise en affaires depuis au moins six mois, qu’elle a démontré une stabilité financière, sans décroissance récente du nombre d’employés. « Dans cette catégorie, il y a beaucoup de roulement, car les frais pour changer d’assureur sont moins importants qu’ils le seraient pour un gros groupe. Il n’est pas inhabituel de voir des mises en marché tous les trois ou quatre ans dans ce créneau », dit M. Gauthier.

Marché intéressant

Le marché des PME n’en demeure pas moins intéressant pour Desjardins, car les conseillers amènent une clientèle variée, gage de répartition des risques. « Il y a une rentabilité à aller chercher, estime M. Gauthier. Nous offrons un produit plus packagé, plus encadré, qui facilite nos processus à l’interne, et garde les couts au plus bas. Par exemple, un groupe de 50 employés pourraient choisir cinq ou six formules de franchise différente pour une couverture d’assurance accident. Perform Plus offrira un choix plus restreint. »

L’employeur doit adhérer à une protection vie collective et au moins à une des protections collectives suivantes : invalidité, décès-accident, frais médicaux plus dentaires, ou un ensemble de produits que Desjardins qualifie de spéciaux. Il s’agit de Parcours assurance santé et du Compte de dépenses de frais de santé. Le premier permet aux adhérents qui prennent leur retraite ou qui quittent leur emploi de transformer certaines garanties d’assurance collective en une assurance individuelle. Ceux qui choisissent d’adhérer à la protection d’invalidité de longue durée y voient greffer gratuitement la plateforme de services en ligne Santé 360. Les frais dentaires seront au choix de l’employeur de le prendre ou non. Le régime de Desjardins s’accompagne aussi d’un programme d’aide aux employés (PAE). « C’est un avantage distinctif pour les PME », dit M. Gauthier.

C’est aussi ce que croit Alexandre Timothy, conseiller en assurance et rentes collectives d’AGA Groupe financier. « Nous accompagnons généralement ce type de plan avec un PAE. Cela permet de s’assurer que ces derniers aient le soutien nécessaire en cas de troubles psychologiques. Les troubles mentaux représentent aujourd’hui une des principales causes d’invalidité. »

Troisième joueur en importance au Québec dans le secteur de l’assurance collective, Great-West offre des options qui permettent aux entreprises de gérer leurs couts, peu importe leur taille. L’assureur offre Selectpac, un régime qui cible les PME de 3 à 35 employés. Parmi ses mesures figure la substitution générique. « Dans ces régimes, nous couvrons le générique au prix le plus bas », souligne Loretta Kulchycki, vice-présidente, markéting, assurance collective, de Great-West.

L’assureur soumet des médicaments à une autorisation préalable, qui limite leur utilisation aux patients qui satisfont certains critères d’un protocole clinique préétabli. « Par exemple, le Botox était le septième médicament le plus couteux dans notre bloc d’affaires. Le protocole d’autorisation a permis de nous assurer qu’il était dorénavant utilisé à des fins médicales et non cosmétiques », a révélé Mme Kulchycki.

Elle a ajouté qu’une équipe se charge de coordonner directement les traitements complexes avec les participants aux prises avec des maladies chroniques, et leur médecin traitant. Ce programme concerne 22 médicaments. Les régimes offriront une différente coassurance selon qu’il s’agit d’un médicament courant ou dit aigu. « La coassurance assumée par le régime sera fixée entre 70 % et 80 % pour les médicaments de tous les jours, ce qui encouragera les participants à magasiner ces médicaments. Cela permet de réduire les dépenses du régime et de couvrir à 100 % le cout des médicaments de spécialité », dit Mme Kulchycki.