Rendre service. Créer de la valeur pour le client. Aimer résoudre des problèmes compliqués. Voilà ce qui motive Jean-François Parisien, vice-président directeur souscription sénior en assurance des entreprises chez Liberty Mutual Canada.
Sa carrière en assurance a commencé un mardi soir, au Tim Horton’s. Après des études en réadaptation physique puis en charpenterie menuiserie, qui l’ont mené sur des chantiers de construction pendant une année, il entame un certificat en management, encouragé financièrement par son patron, qui dirige une entreprise de paysagement. Au bout de quelques mois, l’expérience tourne court.
Son ami du secondaire, Alex Stringer, qui est courtier en assurances, l’invite à un 5 à 7 de l’Association de la relève en assurance du Québec (LARAQ). Il s’y rend sans aucune attente. « Je réalise alors que ces gens travaillent pour aider leur prochain. Ça m’intriguait », commente-t-il. Il se retrouve au restaurant Tim Horton’s avec la mère de M. Stringer, qui avait un poste de directrice chez L’Unique Assurances générales (aujourd’hui une filiale de Beneva). Elle lui explique les tenants et aboutissants de l’assurance de dommages.
En octobre 2014, on l’engage, même s'il n’a aucune expérience dans le domaine. C’était un vote de confiance, reconnaît-il. Sa carrière est lancée. Mais il doit suivre des cours de Professionnel en assurance agréé (PAA). Il n’a jamais cessé de se perfectionner par la suite.
Après six ans à L’Unique, il est invité chez Liberty Mutual par un de ses vice-présidents séniors, Aiden Lanzon. Ce dernier l’incite à développer sa clientèle, toujours en souscription, mais pour des risques à une échelle beaucoup plus importante.
En 2015, il joint LARAQ. Il finit par en occuper la présidence pendant quatre ans et siège, depuis deux ans, au conseil de la Société des PAA (Professionnels en assurance agréés).
Une double reconnaissance
Aujourd’hui, Jean-François Parisien chapeaute une équipe de 11 personnes en assurance des entreprises, qui desservent des courtiers surtout actifs dans les champs, comme les biens, la responsabilité civile, l’automobile, le terrorisme, l’assurance des travailleurs aux États-Unis, pour une clientèle surtout manufacturière, ainsi que dans la distribution, l’immobilier et la construction.
En janvier 2026, lors du Gala des diplômés, l’Institut d’assurance du Québec lui a décerné un doublé : 1er Prix d'honneur National du meilleur étudiant et 1er Prix d'honneur Provincial du meilleur étudiant, dans le cadre du programme de FPAA (Fellow, Professionnel d'assurance agréé).
« Ça fait 11 ans que je suis dans ce domaine et, pendant toutes ces années, je n’ai jamais voulu perdre de vue l’humain, qui est toujours au centre de toutes les transactions, confie-t-il. Au fil des ans, j’ai appris à connaître beaucoup de gens intéressants : ça explique peut-être en grande partie mon succès et mon expertise personnelle. »
L’image de l’industrie
La réputation de l’industrie de l’assurance laisse à désirer au sein de l’opinion publique. Cette perception le rend perplexe : « On parle surtout de nous quand ça ne va pas bien, lors de conflits entre assureurs et assurés, mais pratiquement jamais de nos bons coups, notamment les gros budgets que les assureurs canalisent dans leur engagement communautaire, constate-t-il. C’est paradoxal, mais on a un franc succès quand il ne se passe rien, quand les assurés sont protégés parce qu’ils ont adopté les bonnes pratiques qu’on leur propose. Car l’assurance permet avant tout la tranquillité d’esprit. »
Jean-François Parisien reconnaît que l’assurance est un domaine compliqué. « C’est difficile de s’y retrouver pour le consommateur moyen, estime-t-il. C’est ici que le rôle du courtier prend toute son importance : il doit offrir les couvertures les protections qui reflètent le mieux l’exposition au risque. Le courtier magasine pour ses clients, tant en assurance des particuliers qu’en assurance des entreprises. Il a les intérêts de son client à cœur. »
L’industrie est-elle décalée par rapport aux préoccupations de la population? Il considère qu’elle évolue à vitesse grand V et subit de profondes transformations depuis plusieurs années, alors que la technologie avance plus rapidement que le cadre réglementaire ou la jurisprudence. « Il y a des attentes chez les clients, ce qui stimule l’innovation pour améliorer le service, de la souscription à l’indemnisation. Il y a certes de la place pour l’amélioration et l’assureur qui se démarque dans la façon dont il transige avec ses clients est récompensé. Être parmi les leaders a ses avantages, car vous dégagez un meilleur profil de réclamation », analyse-t-il.
Évidemment, dans une période de forte inflation, l’industrie fait des mécontents lorsqu’elle hausse ses tarifs. Mais, comme tout le monde, elle doit composer avec la pénurie de main-d’œuvre, la crise des chaînes d’approvisionnement et la géopolitique. Ces coûts se reflètent dans la tarification.
« On sort de trois années de marché très dur, avec de grandes augmentations de tarifs, reprend-il. Mais, actuellement, les primes décroissent, car tant les résultats techniques que les revenus de placements sont aujourd’hui optimaux. Si l’industrie fait avant tout de l’argent avec ses revenus de placement, la prime doit être proportionnelle au risque, ce qui n’est pas toujours le cas. Heureusement, quand un domaine bat de l’aile, il est compensé par un autre. »
Comment attirer les talents
Démographie oblige, l’industrie de l’assurance n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre. Comment faire pour attirer de nouveaux talents? « En montrant le côté humain de notre domaine, répond-il. Ce que j’apprécie le plus dans cette industrie, c’est que nous travaillons en équipe. On cherche constamment à satisfaire les courtiers et leurs clients. Notre domaine exige de l’autonomie, de la curiosité, de l’aptitude à régler des problèmes compliqués, de la capacité à établir des relations, d’avoir une pensée critique. »
L’industrie offre beaucoup de flexibilité, affirme Jean-François Parisien. Pour attirer les jeunes, elle doit cependant démontrer que s’ils y font carrière, ils n’auront pas à attendre dix ans avant qu’on leur confie de véritables responsabilités. Elle doit aussi offrir de la transparence dans les attentes et la rémunération.
« Les entreprises se sont adaptées, constate-t-il. Elles font preuve de flexibilité, d’ouverture, pratiquent le travail hybride, reconnaissent et encouragent les talents. Que vous soyez du genre relationnel ou analytique, il y a de la place pour tous les types de personnalités. Et avec l’innovation technologique constante, les aspects cléricaux sont de plus en plus évacués au profit de l’humain. »
Ce qu’apprécie le plus Jean-François Parisien dans son travail, c’est la diversité des défis : « Une journée type, vous travaillez avec un restaurateur, puis un manufacturier de tubes de plastiques, puis un distributeur de thermopompes, puis un fabricant de souliers, relate-t-il. Vous discutez avec un dirigeant de PME, ensuite avec un géant comme Nike ou Ultramar. Les conditions varient totalement d’un client à l’autre. On en apprend tous les jours. Mais, ce qui compte, c’est de créer de la valeur pour vous clients et de satisfaire vos courtiers. On doit constamment se mettre dans les souliers de nos interlocuteurs, être en mode solution. Le côté humain prime en permanence. »