David Harney

David Harney, président et chef de la direction de Great-West Lifeco inc., affirme que les résultats en invalidité de longue durée (ILD), qui ont une incidence sur l’entreprise et ses concurrents, devront être surveillés et analysés pendant encore quelques trimestres.

Le chef de la direction a fait ces commentaires lors d’une discussion à l’intention des investisseurs et des gestionnaires d’actifs réunis au Sommet financier de la Banque Scotia, le 10 septembre.

Au cours de la présentation, il a été souligné que les résultats globaux en assurance au Canada demeurent positifs. « Ce que nous observons, c’est un recul des résultats en invalidité de longue durée, et certains éléments indiquent que nous ne sommes pas les seuls : cette tendance est également présente dans l’ensemble du marché », a-t-il déclaré aux participants. « Cette branche avait enregistré de très bons résultats après la COVID. Il est possible que nous assistions maintenant à un recul de ces résultats. »

Fait intéressant, il évoque la possibilité que les obligations de retour au travail soient en cause ou, à tout le moins, qu’elles influencent quelque peu la situation. « On soupçonne, dit-il, que nous sommes dans une période légèrement différente. » Il affirme que l’entreprise continuera d’évaluer sa tarification, puisque les contrats peuvent être rajustés. Il ajoute toutefois qu’il est peut-être encore trop tôt pour prendre des décisions en se fondant sur l’hypothèse que le retour au travail serait en cause.

« Il n’y a pas vraiment de dynamique qui devrait entraîner une hausse du nombre de nouvelles réclamations, mais nous pourrions nous trouver dans un contexte où l’expérience de retour au travail n’est pas aussi bonne qu’elle pourrait l’être », dit-il. « Nous sommes maintenant dans une période post-COVID. Les gens subissent davantage de pression pour travailler au bureau, et cela a effectivement une incidence sur les résultats en invalidité. »

Mise à jour sur l’intelligence artificielle

En réponse à des questions sur l’intelligence artificielle (IA), M. Harney affirme que les produits de l’entreprise font l’objet d’une forte demande. « Plus nous pourrons en faciliter l’accès aux gens, plus nous stimulerons la croissance. Cet investissement dans l’expérience générera ensuite des gains d’efficacité », dit-il.

Il a été souligné que l’entreprise demeure discrète au sujet de ses investissements en IA puisque, contrairement à certains de ses concurrents, Great-West n’a pas publié de cible officielle d’investissement.

Lors d’une autre présentation au sommet, tenue plus tard le même jour, James O'Sullivan, chef de la direction de la société mère, Power Corporation du Canada, a expliqué l’approche adoptée par la société, calquée sur celle qu’elle avait utilisée pour investir dans les technologies financières.

En mai, Power Corporation a annoncé le lancement d’un fonds consacré à l’IA, le Sagard AI Fund LP, qui, selon M. O’Sullivan, permettra de s’attaquer très directement au défi que représente l’IA.

En bref, le fonds devrait investir dans des entreprises d’IA. Ces investissements devraient générer des rendements attrayants et, une fois ces entreprises arrivées à maturité, Great-West entend établir des partenariats commerciaux avec celles qui se démarqueront dans ce secteur.

« Nous commençons par investir dans un fonds, nous obtenons un rendement financier, puis nous cherchons à établir des partenariats commerciaux afin de renforcer nos activités principales », ajoute M. O’Sullivan, soulignant que les filiales de la société sont déjà plus solides grâce à cette approche.

« Ce que nous avons cherché à faire dans les technologies financières, au moyen de cette stratégie, c’était de remodeler notre culture, au moins modestement, voire modérément. De résoudre le problème lié à notre statut d’entreprise établie. Pourquoi les entreprises anciennes, bien établies, disposent-elles souvent de la technologie, de la technologie de demain, dans un arrière-bureau ou une arrière-salle, sans toutefois parvenir à la déployer? Les études de cas sont nombreuses », dit-il. Le changement d’état d’esprit de Power Corporation, ajoute-t-il, lui a permis d’adopter une perspective et une approche davantage tournées vers l’extérieur. « Dans les technologies financières, c’est exactement ce que nous avons accompli, ajoute-t-il. En IA, c’est exactement ce que nous allons faire. »

Le fonds de 150 millions de dollars a été créé grâce à des contributions de 50 millions de dollars chacune de Power Corporation, de Great-West et d’IGM Financial inc.

Du côté de Great-West, M. Harney souligne qu’une grande partie des coûts de l’entreprise provient des fonctions administratives, tant pour assurer le fonctionnement de l’entreprise que pour gérer l’information financière. « L’IA sera également d’une aide considérable à cet égard, dit-il. Je parle à mon équipe de faire de nous une organisation qui fonctionne en minutes et en secondes. Ce qui est assez ironique, c’est qu’il nous faudra quelques années pour devenir une organisation qui fonctionne en minutes et en secondes. Mais nous sommes maintenant résolument engagés dans cette voie. »

Les rachats d’actions se poursuivent

À l’intention des actionnaires, M. Harney souligne que l’entreprise ne souhaite toujours pas accumuler à long terme des liquidités dans son bilan. « Les rachats d’actions continueront de faire partie de nos outils de déploiement du capital, dit-il. Le cours de l’action a connu une progression spectaculaire au cours de la dernière année; les rachats demeurent soutenus. Ils continueront de faire partie de nos outils. »

Il ajoute que l’entreprise a indiqué qu’elle effectuerait pour 1,6 milliard de dollars de rachats d’actions en 2026. « Je pense que nous avons effectué 925 millions de dollars de rachats au premier semestre de cette année, dit-il. Les bonnes opérations de fusion et acquisition peuvent être très avantageuses et relutives, mais les rachats vont se poursuivre. »

Comme le rendement des capitaux propres (RCP) enregistré a dépassé la cible de 19% fixée par l’entreprise en avril de l’an dernier, M. Harney s’est également fait demander si cette cible serait revue à l’avenir. « Ce serait probablement un peu rapide, ou presque tenter le sort, que de revoir la cible aussi rapidement », a-t-il plaisanté.