Au moment où vos clients Snowbirds se préparent à établir leurs quartiers d’hiver dans le Sud, assurez-vous qu’ils ont fait le nécessaire pour leur séjour hors du Canada. En priorité : une assurance suffisante pour les soins médicaux.Maintes personnes croient à tort être couvertes en vertu de leur régime provincial d'assurance maladie. « À quelques exceptions, les provinces ne respectent pas le principe de transférabilité de la Loi canadienne sur la santé », dit Michael Mackenzie, directeur général de l'Association cana­dienne des Snowbirds, un orga­nisme sans but lucratif qui repré­sente les voyageurs canadiens.

Comme une hospitalisation coute environ 10 000 $ par jour aux États-Unis, une assurance voyage s'impose pour couvrir l'écart entre ce que paie la province et la valeur des frais médicaux qu'ils pourraient devoir payer. Ceux qui en sont dépourvus pourraient jouer leurs économies.

Plusieurs voyageurs estiment être couverts en vertu de leur carte de crédit ou de leur régime d'avan­tages sociaux, mais ils doivent déterminer s'il existe un plafond au montant de la couverture fournie, des limites à la durée du séjour hors du Canada et un âge maximum.

« Certaines cartes de crédit offrent une très bonne couverture », dit Tim Bzowey, vice-président, voyage, chez RBC Assurances. « Or, la plupart des gens ignorent ce qui est couvert, car au moment de demander une carte, ils n'ache­taient pas activement une assurance voyage. Par ailleurs, les régimes d'avantages sociaux peuvent com­porter des restrictions et beaucoup ne paient pas d'avance. Le voya­geur doit payer son hospitalisa­tion et se faire rembourser plus tard. Cela peut obliger des gens à contracter un emprunt auprès de leur banque. »

Les clients qui constatent des lacunes dans la couverture offerte par leur carte de crédit ou leur régime d'avantages sociaux, ou ceux qui n'ont aucune couverture, devront se procurer une assurance voyage couvrant les frais médi­caux.

Conditions préexistantes

Certains assureurs peuvent limiter l'âge au-delà duquel les voyageurs peuvent contracter une assurance. « RBC Assurances n'a pas d'âge limite, dit M. Bzowey, mais un état de santé préexistant peut modifier la couverture. Ainsi, un voyageur souffrant d'une mala­die cardiaque pourrait ne pas être couvert s'il nécessite des soins liés à cet état à l'extérieur du Canada; mais il sera couvert pour tout autre problème de santé. Bien des choses peuvent survenir pendant un voyage, alors un état de santé préexistant n'est pas un motif pour se priver d'une assurance voyage. » Votre client et vous devriez aussi vous renseigner. Certains assureurs offrent une couverture pour des problèmes de santé que ne propose pas un concurrent. D'autres ont des régimes assortis de clauses moins strictes pour les états de santé préexistants, comme d'assu­rer des voyageurs ayant certains problèmes de santé stables depuis 365 jours.

Il faut aussi déterminer avec précision ce que la police couvre, dit M. Bzowey. Comprend-elle le transport par ambulance aérienne avec soins médicaux pour que votre client puisse revenir au Canada? Rembourse-t-elle les frais de subsistance de la conjointe ou du conjoint ou de la compagne ou du compagnon de voyage pendant l'hospitalisation du client à l'étran­ger, ainsi que le billet d'avion pour le retour de cette personne?

« Vous devez vous informer si le plan a une franchise et sa valeur, ajoute-t-il. Et vous devez savoir quel soutien offre l'assureur si le client devient malade ou s'il a un accident. Nous avons un numéro 1-800 qu'une personne peut joindre de partout au monde. Nous lui indiquerons les hôpitaux et professionnels de la santé appro­priés là où elle se trouve en voyage. Hors du Canada, la qualité des soins varie beaucoup et dans cer­tains endroits il peut être difficile de trouver des professionnels qui parlent français ou anglais. »
Votre client devrait aussi avoir de l'assurance annulation et interrup­tion de voyage qui rembourserait le cout du voyage s'il devait annuler ses vacances ou devoir revenir au pays plus tôt que prévu. Cela peut être inclus avec la couverture médi­cale de l'assurance voyage. Dans la négative, on peut s'en procurer séparément.

Durée du séjour hors province

Les provinces canadiennes per­mettent à leurs résidents des dépla­cements de durées différentes avant l'expiration de leur couverture en matière de soins de santé et l'obli­gation d'en refaire la demande. Les Terre-Neuviens peuvent s'absenter pendant huit mois, dit M. Macken­zie. Les Ontariens ont droit à sept mois. Au Québec, le maximum est six mois, mais la province ne tient pas compte de voyages de 21 jours ou moins. Le Manitoba autorise des absences de six mois, mais après trois mois, une personne doit demander un certificat de Santé Manitoba confirmant qu'elle est toujours en règle.

« Toutes les provinces ont des dispositions d'exception autorisant des absences pour des périodes plus longues à quelques années d'intervalle, mais cela varie beaucoup. Il faut vérifier ce qui est vigueur dans la province de votre client », dit M. Mackenzie.

Les États-Unis vigilants

Après la couverture médicale adéquate, un des aspects importants auquel les hivernants canadiens doivent s'attarder est la durée de leur séjour aux États-Unis chaque année. Selon M. Mackenzie, quelque 200 000 Canadiens passent six mois hors du Canada chaque année et environ 75 % d'entre eux vont en Floride. Or, ils doivent être très attentifs au temps qu'ils passent hors du pays, car la durée n'est pas illimitée.

Les Canadiens sont considérés comme des étrangers résidants aux États-Unis s'ils passent le test de « séjour d'une durée importante » pour une année civile. Si c'est le cas, ils devront produire une déclaration de revenus aux États-Unis et leur revenu mondial sera imposé aux États-Unis. Les Canadiens passeront ce test s'ils séjournent au moins 31 jours aux États-Unis durant l'année en cours et 183 jours durant une période de trois ans qui comprend l'année en cours et les deux années précédentes. Pour effectuer ce calcul, il suffit de compter tous les jours passés aux États-Unis durant l'année en cours, un tiers des jours de l'année précédente et un sixième des jours de séjour deux ans auparavant.

« Si un de vos clients se rend par avion au lieu de son séjour aux États-Unis, le gouvernement américain connaitra la date de son arrivée et celle de son départ, indique M. Mackenzie. Nous ignorons leur efficacité par rapport aux gens qui voyagent en voiture, mais nous recommandons aux Snowbirds de se munir d'un dossier qui montre que la durée de leur pré­sence au Canada est plus importante que celle aux États-Unis et qu'ils reviendront donc au Canada : exemplaires du titre de leur propriété au Canada, comptes de banque, factures, etc. Et un billet de retour semble une évidence, quoique certaines personnes insistent pour acheter un billet aller simple, persuadées de pouvoir payer leur billet de retour moins cher aux États-Unis »

« Certains hivernants se plaisent tellement dans le Sud, ajoute-t-il, qu'ils décident de passer un mois de plus aux États-Unis. Ils peuvent en être quittes pour cette année-là, mais la date de sortie sera mise en évidence. Et à leur retour l'année suivante, ils pourraient être avisés de revenir dans deux ou trois mois, ou se voir interdits de séjour pendant cinq ans. Les gardes-frontières américains ont beaucoup de latitude pour autoriser l'entrée d'une personne, et il est erroné de croire que posséder une propriété aux États-Unis aura un effet décisif. »

L'Association canadienne des Snowbirds tente de persuader le gouvernement américain d'établir un visa de quatre ans pour retraités canadiens de 55 ans et plus qui leur permettrait de séjourner sans limites aux États-Unis « Ils ne seraient pas autorisés à y travailler et seraient tenus d'avoir leur propre assurance maladie et un certain niveau de revenu, dit M. Mackenzie. Les États où les Canadiens hivernent et dépen­sent se montrent très intéressés. »