SSQ lance une gamme de produits à émission simplifiée et émission garantie qui se souscrit de façon entièrement numérique en 60 minutes, et développé en collaboration avec un réassureur.

Le lancement comprend un produit à émission simplifiée sans examen médical, principalement destiné aux gens en bonne santé. Il arrive sous deux options : temporaire (10 ans ou 20 ans) et vie entière. Une version assurance vie entière à émission garantie sans examen médical est offerte aux postulants à la santé précaire. La proposition électronique sécurisée, la signature électronique et la transmission numérique du contrat permet au conseiller de vendre ces produits entièrement à distance, dit l’assureur.

SSQ Assurance a lancé ce produit le 22 juin. Les présentateurs d’un webinaire animé le même jour par Louis Régimbal, vice-président stratégie et innovation de SSQ, ont indiqué à quel point il est important pour les assureurs de se doter de produits et de plateformes qui permettent d’offrir le plus rapidement possible un produit d’assurance sans contact physique. Encore plus en temps de pandémie.

« Lancer une combinaison de produits à émission simplifiée et à émission garantie assure un niveau de couverture intéressant, pour une plus grande part de la population et à prix équitable, dit M. Regimbal. Un produit à processus entièrement numérique laisse aussi plus de temps au conseiller pour offrir son expertise et pour développer ses affaires. »

Une solution murie avant la COVID-19

Bien que ce produit arrive à point nommé pour les conseillers forcés au confinement, SSQ assure que la COVID-19 n’est pas la raison de son existence, a expliqué lors du webinaire Éric Trudel, premier vice-président, stratégies et gestion de l'offre de l’assureur de Québec. La pandémie a tout de même accéléré le lancement prévu plus tard dans l’année, a-t-il reconnu. « On a mis le pied sur l’accélérateur pour viser un lancement avant le début de l’été. »

Le coup d’envoi avait été donné lors de l’élaboration de la dernière planification stratégique de l’assureur il y a quatre ans. « Nous avons pleinement pris conscience que nos clients recherchent de plus en plus des solutions numériques, ajoute M. Trudel. Nos clients vivent d’excellentes expériences avec des compagnies hors de l’assurance, comme Amazon, Air BnB, Uber, Wealthsimple… Nos clients s’attendent à la même chose de tous leurs fournisseurs de services, incluant leur assureur. »

S’ensuit un échéancier précis : soumission en ligne en assurance auto, télémédecine et pharmacogénétique en assurance collective, puis au tout début de l’année la proposition électronique, énumère Éric Trudel. « Dans quelques semaines, nous lancerons la preuve d’assurance auto numérique. » Le lancement du 22 juin s’inscrit naturellement dans cet échéancier, dit M. Trudel.

Le premier vice-président, stratégies et gestion de l'offre de SSQ évoque le contexte compétitif qui émane d’un virage massif des assureurs vers le numérique. Les choses bougent en effet rapidement dans ce secteur. L’offre de SSQ survient peu de temps après celle semblable d’UV Assurance. Humania Assurance et Plan de protection du Canada sont d’autres joueurs connus pour innover constamment dans ce créneau de l’assurance vie.

Taux d’approbation élevé

Dans les derniers mois, l’assureur a peaufiné sa nouvelle solution avec le concours du réassureur RGA Canada. Présent dans 80 pays, le réassureur américain est le seul à se concentrer uniquement sur l’assurance vie et santé, a signalé Martin Houle, vice-président du développement des affaires de RGA Canada et actuaire.

Rapidité, simplicité et accès numérique font partie des attentes des consommateurs, insiste-t-il. « Mon intervention durera de 10 à 15 minutes, à peu près le temps requis pour compléter la proposition, lance d’emblée M. Houle. Le produit est émis en moins d’une heure, après les vérifications faites auprès du MIB », ajoute M. Houle. Anciennement Medical Information Bureau, le MIB est une organisation soutenue par les assureurs nord-américains qui centralise tous les renseignements médicaux tirés des propositions d’assurance.

L’actuaire de RGA estime que la tarification simplifiée peut maintenant s’adresser à la population en santé, alors qu’elle faisait traditionnellement l’objet d’une tarification plus fine. Une avancée importante, dit-il, « alors que la population sous-assurée demeure un défi ». « Cette population en santé représente une grande majorité des cas soumis en assurance traditionnelle, soit de 80 % à 90 % », révèle-t-il.

Les partenaires se sont livrés entre autres à des analyses pour personnaliser le processus de sélection des risques. « Nous avons utilisé des techniques axé sur la science du comportement et un langage clair et simple. Savoir que le client est en santé nous permet de retirer de la proposition tous les champs qui doivent être remplis à l’aide de texte. Ce sont souvent les plus difficiles à compléter », croit M. Houle.

L’expérience de SSQ

Des statistiques de l’assureur révélées par Luc Bossé, vice-président régional de SSQ pour l’Est du Canada, viennent soutenir ceux de RGA sur la santé générale des clients d’assurance. De ses assurances vie souscrites en 2019, plus de 71 % des cas ont été approuvés soit de façon standard soit avec surprime, ou avec exclusions.

« Si on enlève les cas différés ou non poursuivi, nous observons que plus de 80 % des cas d’assurance vie qui nous sont soumis sont ultimement approuvés, et 95 % des clients approuvés le sont en tarification standard. » Il signale que le produit à émission garantie avec couverture d’assurance différée les deux premières années a été conçu pour cibler les 5 % des clients au risque aggravé.

Moins cher que le produit traditionnel

Le vice-président régional a aussi rappelé la portée étendue des produits à émission simplifiée. « Les produits à émission simplifiée ne sont pas réservés qu’aux personnes en mauvaise santé. L’opportunité est encore plus grande car le produit peut être offert à un prix raisonnable à des gens en santé, sans exigences médicales et avec livraison de leur contrat sans contact physique. Compte tenu de la nouvelle normalité, les conseillers pourront conclure plus de vente dans ce contexte », dit M. Bossé.

En matière de prix abordable, M. Bossé a précisé que le prix à débourser pour obtenir l’un des produits de la nouvelle gamme à émission simplifié sera en moyenne de 3 % à 15 % que celui d’un produit traditionnel à sélection des risques complète, selon la tranche d’âge de l’assuré (20-29, 30-39, 40-49, 50-59 et 60-69 ans).

Avantage sur les concurrents

L’assureur s’estime aussi en mesure d’offrir l’assurance simplifiée de manière avantageuse par rapport à ses concurrents. Ainsi, un homme non-fumeur de 30 ans pourra obtenir une couverture temporaire 10 ans (T10) de 300 000 $ à une prime annuelle de 226,13 $ par rapport à un de ses trois assureurs principaux concurrents, qui offrira la même couverture à 507,00 $, soit 55 % de moins. SSQ ne dévoile pas le nom de cet assureur. La T10 coutera 175,50 $ annuellement à une femme non-fumeur du même âge pour la même couverture d’assurance. Dans cet exemple, le principal concurrent est en mesure d’offrir la même couverture à une prime annuelle de 184,00 $.

Dans les mêmes âges pour ces deux non-fumeurs, l’homme pourra obtenir une couverture de vie entière de 245 000 $ à un cout annuel de 1899,75 $, et la femme à un cout 1647,40 $. Dans le cas de ces deux exemples, l’écart se rétrécit significativement avec le meilleur concurrent, soit à quelques points de pourcentage, voire à égalité.

Paix d’esprit avant prix

SSQ Assurance s’est aussi inspiré de l’étude 2020 Insurance Barometer de LIMRA et Life Happens, rapporte M. Bossé. Selon cette étude, 56 % des acheteurs potentiels d’assurance vie seraient plus susceptibles de souscrire une assurance vie s’ils n’avaient pas à passer un examen physique.

L’analyse des chercheurs révèle également que l’assurance vie n’est pas un produit que le client veut magasiner. Le prix est important pour lui, mais il recherche avant tout la paix d’esprit. Dans un environnement de commerce en ligne qui va en s’intensifiant, il est habitué à obtenir immédiatement ce qu’il veut. En revanche, le client se tourne vers le conseiller pour son expertise et pour qu’il s’occupe des détails.

Les 13 % qui abandonnent

SSQ s’est aussi intéressé aux 13 % des clients qui ont soumis une proposition, et qui n’ont finalement pas pris leur contrat d’assurance ou n’ont pas poursuivi leurs démarches, poursuit M. Bossé. En fouillant davantage, l’assureur découvre qu’ils ont interrompu leurs démarches parce qu’ils estimaient le processus trop long ou trop complexe. Exemple de complexité qui les a rebutés : trop de questions dans la proposition ou trop de formulaires additionnels. D’autres considéraient l’examen médical trop intrusif.

« La complexité et la longueur du processus, et dans certains cas le côté intrusif de la visite d’un infirmier sont en cause. Un processus plus rapide aurait évité que ces clients abandonnent leur demande, et permis aux conseillers de conclure plus de ventes, croit M. Bossé. Il y a deux façons de gagner en rapidité : poser moins de questions et émettre la police plus rapidement. Nous avons choisi la rapidité d’émission. » Le produit à émission simplifiée compte 11 questions médicales et 12 questions style de vie, a-t-il ajouté.

Choix de couvertures

La nouvelle gamme de produits à émission simplifiée est offerte aux clients âgés de 18 à 70 ans en ce qui touche la couverture temporaire 10 ans, de 18 à 60 ans pour la temporaire 20 ans, et de 18 à 80 ans pour la vie entière. Les clients de 18 à 50 ans peuvent souscrire jusqu’à 500 000 $ d’assurance temporaire à émission simplifiée, ou jusqu’à 249 999 $ en vie entière. SSQ dit viser les Canadiens âgés entre 18 ans et 70 ans, qui sont en santé et à l’aise avec les solutions numériques.

Le produit à émission garantie avec couverture d’assurance différée les deux premières années du contrat est offert aux clients âgés de 18 à 80 ans. Il vise les Canadiens de cette tranche d’âge, qui ont des problèmes de santé ou des antécédents médicaux. Les clients peuvent souscrire un montant d’assurance maximum de 50 000 $, qui est réduit à 25 000 $, à compter du moment où l’assuré atteint l’âge de 71 ans.