La guerre tarifaire entre les États-Unis et le Canada inquiète les dirigeants de l’industrie canadienne de l’assurance. Quatre patrons sur dix se disent très préoccupés par cet enjeu, révèle le sondage mené par les Éditions du Journal de l’assurance au début du mois de septembre auprès de dirigeants de l’industrie.
Pas moins de 85% des répondants ressentent une certaine préoccupation concernant la guerre tarifaire initiée par l’administration Trump, mais 40% disent que leur niveau de préoccupation est « important » (36%) ou « extrême » (4%).
Le sondage a été mené du 3 au 14 septembre 2026 auprès des dirigeants canadiens du secteur de l’assurance abonnés au Portail de l’assurance, au Insurance Portal ou à leurs bulletins.
Parmi les 283 dirigeants qui ont répondu à l’appel, 49% sont issus de la distribution, notamment de cabinets de courtage ou de conseillers. Les autres sont principalement des dirigeants au sein d’assureurs (24%) ou d'intermédiaires comme des agents généraux (6%).
Les francophones sont plus préoccupés
Le sondage illustre un écart marqué entre les dirigeants francophones et anglophones, de même que des écarts selon le secteur d’activité.
Chez les francophones, la proportion des dirigeants qui se disent très préoccupés grimpe à 44%, alors qu’elle est de 24% chez les anglophones. La moyenne globale de 40% se rapproche davantage du résultat des francophones en raison de leur poids dans l’échantillon ; 84% des dirigeants qui ont répondu au sondage l’ont fait en français.
Lorsque les résultats sont observés par secteur d’activité, cet écart linguistique est manifeste, notamment en assurance collective et en assurance de dommages, comme le montre le graphique ci-dessous.
Ce décalage linguistique pourrait traduire une différence de perception quant à la vulnérabilité des marchés, possiblement liée à la proximité géographique et économique du Québec avec les États-Unis. Le Québec dispose de chaînes d’approvisionnement particulièrement liées au marché américain, comme on le constate dans l’industrie forestière ainsi que dans les secteurs de l’aluminium et des produits manufacturés.
Peu de mesures jusqu’à maintenant
Malgré la préoccupation des personnes sondées, 65% des dirigeants n’ont mis en place aucune mesure en réaction au conflit tarifaire.
Chez les autres, l’accompagnement des clients ainsi que la veille et l’analyse dominent largement les mesures instaurées, loin devant les changements apportés aux pratiques, comme le boycottage de produits et services issus des États-Unis ou l’ajustement des produits ou de leurs prix. Les dirigeants affichent donc en majorité une posture attentiste : on privilégie l'observation plutôt qu’une restructuration des opérations.
Afin de mieux comprendre les préoccupations des acteurs de l’industrie de l’assurance face à la guerre tarifaire avec les États-Unis et les mesures mises en place par certains d’entre eux, le Portail de l’assurance leur donnera la parole dans les prochaines semaines.