L’acquisition de Jevco permettra à Intact Assurance de faire affaire avec une soixantaine de cabinets supplémentaires, au Québec. L’assureur traite maintenant avec près de 675 cabinets de courtage dans la Belle province. Intact ne conservera toutefois pas le nom de Jevco, sauf en Ontario, dans les segments d’assurance automobile spécialisés, pour des raisons règlementaires. Quant à l’offre de Jevco dans les créneaux non traditionnels, Intact vise à la garder indemne.Le siège social de Jevco, situé sur le boulevard Décarie, à Montréal, ne sera pas conservé. L’immeuble sera mis en vente. Les employés qui y travaillent seront déménagés au 2020 University et dans l’édifice du boulevard Crémazie.

Des employés de souscription de Jevco dans les créneaux spécialisés seront maintenus au sein de l’équipe Solutions pour conserver cette expertise. Les deux dirigeants d’Intact affirment qu’il a été plus facile pour Intact de percer ce marché en réalisant une acquisition qu’en partant de zéro.

« Pour un marché spécialisé, il faut une recette à part. Pour une grande organisation, c’est quelque chose de difficile à faire. La souscription y est différente et l’expérience y joue un grand rôle. Un souscripteur chez Chubb n’aura pas de problèmes avec un client qui a une maison dans Westmount avec des œuvres d’art de grande valeur. Le nôtre aurait eu de la difficulté », dit Denis Garneau, premier vice-président, Québec.

« Même chose si ce client s’était fait voler sa Mercedes et y avait laissé deux complets  d’une valeur de 5 000 $ chacun. Notre souscripteur aurait eu peur de se faire avoir, alors que le souscripteur d’un assureur spécialisé est habitué à de tels cas. Chaque domaine a sa particularité. La souscription ne s’apprend pas sur les bancs d’école, ça vient avec l’expérience», dit M. Garneau.

Comment les courtiers ont-ils réagi à la suite de l’acquisition de Jevco? M. Garneau dit avoir perçu une petite déception au sein du réseau de courtage. « Les courtiers sentaient que Jevco arrivait avec des solutions novatrices pour eux. Les courtiers appréciaient ce dynamisme. Ils étaient déçus de perdre cela », dit-il.

Richard Taschereau, vice-président, marketing, ventes et communications, dit aussi avoir perçu des sentiments partagés dans le courtage. « Les courtiers reconnaissaient qu’il s’agissait d’une bonne transaction pour Intact, car elle venait compléter notre portefeuille. Ils perdaient toutefois un marché de l’autre côté. Ils auraient probablement préféré garder leur marché. Ça n’a toutefois pas atteint la même vague de réactions que pour AXA », dit-il.