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Ce qui attend l'industrie en 2018

par La rédaction | 21 décembre 2017 09h45

L'année 2018 approche à grands pas, et les journalistes du Journal de l'assurance ont identifié pour vous les enjeux et les défis auxquels l'industrie devra faire face au cours des prochains mois.​


L’univers de Star Wars n’existe pas !

 

Serge TherrienPar Serge Therrien
Président et éditeur
Journal de l'assurance

Pour parodier notre voisin du Sud, je dirais que ce sont des « fake news » ! Amusant, mais irréel. On ne peut pas prendre un vaisseau pour une autre planète, même si Elon Musk y croit.

La réalité est qu’il n’y a qu’une seule planète Terre. Or, elle est extrêmement en mauvais état. Plus de 15 000 scientifiques de 184 pays viennent —encore — de lancer un cri d’alarme sur les maladies de la planète.

Dans l’univers de la finance mondiale, les réassureurs sont parmi les institutions financières les plus prudentes. Or, pour eux, il n’y a plus de doute sur le réchauffement climatique ! Lire leurs rapports annuels fait découvrir un curieux mélange de finance et d’environnement. Mêlés aux chiffres, on trouve les mots : ouragan, inondation, tempête, tornade, tremblement de terre, feux de forêt, grêle, volcan, cyclone, sécheresse. Ces experts en finance sont devenus des experts en climatologie !

Quelle en est la cause ? L’empreinte humaine par l’effet combiné de l’évolution démographique et du développement socioéconomique.

Swiss Re est clair : « le monde doit comprendre que le réchauffement est un fait ». Mieux que quiconque, l’institution le sait : elle vient d’afficher une perte de 468 M$ US après neuf mois en 2017. La raison ? Les catastrophes naturelles.

Le message est franc : « Society needs 'to wake up' to climate change, says reinsurance CFO. »

Munich Re en souffre aussi : à son troisième trimestre, l’institution a affiché une perte de 1,65 milliard $ US. À eux seuls, les ouragans Harvey, Irma et Maria lui auront couté 3,1 milliards $ US.

Les experts en climat du réassureur prévoient maintenant que 2017 sera l’une des années les plus chaudes à ce jour.

Le réassureur rappelle, ce qu’on peut facilement oublier à travers les messages qui nous inondent quotidiennement, que les enjeux climatiques sont l’affaire de tous.

Et la majorité des réassureurs en sont affectés, comme l’a rapporté le Journal de l’assurance. En effet, des assureurs comme Great-West ont enregistré des pertes en réassurance au cours de la dernière année.

Des solutions ?

Les dirigeants politiques tiennent en main le début de la solution : ils peuvent devenir les leadeurs capables de rassembler scientifiques, assureurs et consommateurs. Individuellement, aucun ne possède la solution. Ensemble, des solutions peuvent émerger. Il urge toutefois d’accélérer le pas.

Le Journal de l’assurance compte intensifier sa couverture sur les maux de la planète Terre.


Plonger dans l’inconnu

 

Hubert RoyPar Hubert Roy
Rédacteur en chef
Journal de l'assurance

Rarement une nouvelle année réserve-t-elle autant d’incertitudes pour les professionnels en assurance et en services financiers que celle de 2018.

C’est particulièrement vrai pour les courtiers en assurance de dommages. Les dispositions du projet de loi 150 appellent à une clarification du rôle du courtier.

Malgré les turbulences qui se profilent, plusieurs des courtiers que j’ai rencontrés au cours des dernières semaines se disent confiants en l’avenir, comme tout entrepreneur qui croit en son modèle d’affaires et à sa valeur ajoutée.

Peut-être est-ce là la clé pour 2018 : faire valoir sa valeur ajoutée !

Certains craignent les impacts de la vente d’assurance par Internet. D’autres y voient plutôt une occasion pour répondre aux demandes des consommateurs, qui recherchent avant tout efficacité et simplicité.

Quoi qu’il en soit, 2018 marquera un tournant pour l’industrie de l’assurance. Se sent-elle prête à plonger dans l’inconnu ? Assurément ! Les nombreux investissements que les assureurs, cabinets et fournisseurs font en technologie le prouvent, et ce, peu importe les surprises que les gouvernements et régulateurs réservent à l’industrie.


Règlementation et projets de loi feront de 2018 une année charnière

 

Alain ThériaultPar Alain Thériault
Directeur, vie et investissement
Journal de l'assurance

Les projets de loi 141 et 150 modifieront une multitude d’articles de lois existantes, allant du Code civil du Québec à la Loi sur la distribution de produits et services financiers, en passant par la future Loi sur les assureurs.

Bien que le tout semble être un rouleau compresseur pour les conseillers financiers, ces nombreuses modifications pourraient régler certains de leurs problèmes. Par exemple, le projet de loi 141 modifierait la Loi sur les valeurs mobilières pour autoriser le courtier en épargne collective à partager la commission avec le cabinet d’un conseiller en fonds communs, ce qui est actuellement interdit, et que l’industrie réclame à grands cris depuis fort longtemps.

Si le projet de loi 141 est adopté tel quel, les balises de la distribution par Internet se préciseront. Le projet de loi 150 balisera quant à lui le processus de cession de police à un tiers sans intérêt.

Les fonds distincts vivront à leur tour la pression de la divulgation des frais qui pèse sur les fonds communs depuis l’avènement de MRCC2 en 2016. Du côté des fonds communs, les commissions intégrées devraient survivre, alors qu’elles semblaient destinées à passer à la trappe. Ce sont plutôt les frais de rachat reportés qui seraient interdits, ce qui fait consensus dans l’industrie.

On doit aussi s’attendre à ce que l’Autorité des marchés financiers présente en 2018 des lignes directrices pour évaluer les mécanismes de mitigation des risques en place chez les assureurs face aux incitatifs de vente. Les nouvelles règles de fiscalité du ministre des Finances du Canada Bill Morneau seront elles aussi sous la loupe, car leurs impacts se feront sentir dès les premiers jours de 2018.

Des développements sont aussi attendus en ce qui a trait à la taxe sur les services des agents généraux. L’interprétation qu’en feront Revenu Québec et l’Agence du revenu du Canada pourrait couter des centaines de milliers de dollars à certains agents généraux.

Par ailleurs, des études internationales démontrent que la majorité des assureurs prévoient investir de façon importante en souscription électronique et en analyse des données massives en 2018. De plus en plus pensent à recourir à des sources de données externes pour tarifer le risque : dossier criminel et de conduite automobile, pointage de crédit et dossiers médicaux électroniques, tests génétiques… les débats d’éthique ne manqueront pas.

Peu importe comment elle se conclura, 2018 est appelée à être une année charnière pour l’industrie de l’assurance vie.

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