Au début d’août 2026, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont annoncé les résultats d’un projet pilote appelé NoCargo. Lancée un an plus tôt afin d’empêcher l’exportation de véhicules obtenus frauduleusement, l’opération a été menée en collaboration avec INTERPOL Ottawa, l’ASFC et le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE).
Des organisations comme le Bureau d’assurance du Canada (BAC) et Équité Association affirment toutes deux que le projet constitue une étape importante et démontre que des efforts coordonnés peuvent perturber les réseaux du crime organisé.
« Je pense qu’il s’agit d’une importante réussite. C’est une démonstration éloquente de ce qui peut être accompli lorsque les gouvernements et les organismes d’application de la loi, les autorités frontalières et les partenaires de l’industrie travaillent tous ensemble », affirme Hanna Beydoun, directrice, politiques automobiles, au BAC.
Lancé en juin 2025 dans le but d’enquêter sur les exportations suspectes de véhicules, le projet avait notamment pour objectif de repérer rapidement ces exportations et de les empêcher par l’intermédiaire des ports maritimes canadiens. Équité Association indique que sa participation consistait notamment à effectuer des examens spécialisés afin d’identifier les véhicules et leur provenance.
« Les criminels commettent des fraudes liées au financement automobile en volant ou en fabriquant des renseignements d’identité personnels, qui sont ensuite utilisés pour demander des prêts automobiles afin d’acheter un véhicule », indique l’annonce de la GRC. Celle-ci précise également que les mêmes renseignements d’identité sont ensuite utilisés pour souscrire des polices d’assurance pour les véhicules en question, dans l’intention de commettre une fraude.
Selon les données du BAC pour 2025, les pertes liées au vol de véhicules se sont élevées à environ 720 millions de dollars. Il s’agit d’un montant plus modéré que ceux enregistrés au cours des dernières années, alors que les pertes avaient culminé à plus de 1 milliard de dollars, mais il demeure plus de deux fois supérieur aux 340 millions de dollars déclarés il y a 10 ans.
Mme Beydoun affirme que les prochaines étapes doivent notamment viser à rendre les véhicules plus difficiles à voler dès le départ. À cette fin, l’association demande actuellement au gouvernement d’aller de l’avant avec les modifications proposées aux Normes de sécurité des véhicules automobiles du Canada. « Ces modifications permettraient d’harmoniser les normes d’immobilisation des véhicules avec les exigences internationales », dit-elle. « Nous sommes impatients de voir le gouvernement aller de l’avant et mettre en œuvre ces changements. »
En incluant la fraude liée au financement de véhicules, les données de la GRC laissent entendre que les pertes assurées se sont élevées à environ 900 millions de dollars l’an dernier.
« La fraude liée au financement de véhicules, souvent alimentée par des réseaux du crime organisé qui utilisent des identités synthétiques et des renseignements d’identité volés, constitue une menace en évolution », explique Bryan Gast, vice-président national, Renseignement et enquêtes, chez Équité Association, dans sa correspondance avec le Portail de l’assurance.
Il ajoute lui aussi que les efforts collectifs doivent maintenant se concentrer sur la prévention de la fraude en amont. « Nous devons faire en sorte qu’il soit beaucoup plus difficile pour les criminels d’utiliser des identités synthétiques pour acheter et voler des véhicules », affirme-t-il. « La réalité est que les processus traditionnels de vérification de l’identité et d’évaluation du crédit ne suffisent plus pour contrer les stratagèmes de fraude de plus en plus complexes d’aujourd’hui. »
Le projet NoCargo a été lancé après qu’INTERPOL Ottawa eut détecté une nouvelle tendance selon laquelle des réseaux transnationaux du crime organisé exportaient des véhicules obtenus frauduleusement. Le projet aurait permis d’intercepter et de récupérer 392 véhicules au cours de l’année, pour une valeur totale estimée à 28 millions de dollars.