TIPI Insurance Partners, le plus important cabinet de courtage d’assurance commerciale détenu et dirigé par des Autochtones au Canada, a conclu une entente de co-courtage et une alliance avec Marsh Canada.
En vertu de l’entente, Marsh et TIPI, qui fait partie du TIPI Group of Companies, serviront des organisations des secteurs public et privé, des gouvernements et organisations autochtones ainsi que des promoteurs de projets d’envergure dans les domaines des infrastructures, de la défense, des ressources naturelles et de l’énergie.
Les deux organisations prévoient aussi explorer des possibilités de partage de connaissances techniques en assurance et en courtage à l'aide d’équipes conjointes auprès des clients et de détachements de personnel entre les entreprises.

Dans un entretien avec le Portail de l’assurance, le chef de la direction de TIPI Group of Companies, Nathan Ballantyne, affirme que TIPI a repéré plusieurs grands projets, mais également des occasions dans le cadre de programmes fédéraux d’approvisionnement axés sur la participation autochtone.
« J’espère que le gouvernement donnera suite à ses engagements et mettra en place des paramètres qui feront réellement avancer les choses en matière de participation des Autochtones à l’économie. Il nous incombe de déterminer comment nous pouvons prendre part à ces discussions et à ces projets de plus grande envergure auxquels, historiquement, nous n’avons jamais participé », dit-il.
M. Ballantyne ajoute que cette occasion a commencé à se dessiner il y a 18 mois.
« Nous sommes un acteur très spécialisé. Nous occupons un marché de niche et nous étions rendus à un point où nous voulions avoir accès aux marchés pour des risques plus importants. Comme vous le savez sans doute, les communautés des Premières Nations sont maintenant présentes dans le monde des grandes entreprises », dit-il.
« Historiquement, poursuit le dirigeant, il s’agissait de petites entreprises en démarrage. Aujourd’hui, les communautés participent à des projets pétroliers et gaziers, à des discussions concernant des pipelines et à de très grands projets miniers. Il était donc naturel pour nous de vouloir accéder aux marchés afin de pouvoir participer à ce secteur. »
Marsh Canada, ajoute-t-il, était un acteur relativement nouveau sur le marché où évolue TIPI. « Il s’agit d’un créneau très étroit », relève-t-il. « Il n’y a que quelques assureurs qui acceptent réellement de souscrire les types de risques que nous souscrivons. Depuis de nombreuses années, nous entretenons quelques relations clés, mais le fait que Marsh soit relativement nouveau dans ce secteur nous intriguait également. »
Pour l’instant, les deux entreprises concentrent leurs efforts sur le co-courtage, mais toutes deux qualifient leur relation d’alliance stratégique. « C’est essentiellement notre façon d’établir la relation d’affaires, un point de départ qui nous permettra ensuite d’avoir des discussions plus larges sur les autres façons dont nous pourrions unir nos forces. Celles-ci restent à définir », dit-il. « C’est quelque chose de plus vaste. »
Il ajoute que le travail que les deux entreprises prévoient réaliser ensemble s’inscrit dans leurs stratégies de croissance respectives. Il souligne également que le moment est particulier, alors que le Canada attire des capitaux mondiaux destinés aux investissements dans les infrastructures.
Enrichir les communautés
« En nous engageant dans ce secteur et en nous associant à Marsh, nous espérons continuer à enrichir les communautés, à y ramener des capitaux afin d’y créer de la richesse grâce au travail que nous accomplissons », ajoute-t-il.
TIPI Insurance Partners fait partie de TIPI Group of Companies, qui exerce également des activités dans les régimes de retraite collectifs et les avantages sociaux, les services de fiducie pour les Premières Nations, les services-conseils en ressources humaines et en gestion, le recrutement et la rétention des employés, la formation organisationnelle ainsi que l’éducation et les services-conseils en matière de vérité et de réconciliation. Cette société en commandite, dont les parts sont détenues par diverses communautés des Premières Nations, compte environ 100 employés.
« Nous avons beaucoup de souplesse pour nous adapter à ce que nos clients et nos clients potentiels veulent et dont ils ont besoin. C’est aussi ce que je trouve intéressant dans notre relation avec Marsh, parce qu’ils disposent d’un vaste bassin de personnes et de compétences, et j’ai vraiment hâte d’en apprendre davantage à ce sujet », affirme M. Ballantyne.
Au cours de la dernière année, indique M. Ballantyne, l’entreprise a accueilli dix communautés supplémentaires à titre de nouveaux partenaires détenteurs de parts. Bien que l’entreprise ait historiquement été fermée à ce type d’opération afin d’éviter la dilution des parts, le chef de la direction affirme qu’elle est maintenant dans une position où un élargissement de son actionnariat est envisageable.
Au cours des deux prochaines années, il prévoit accueillir d’autres communautés dont le profil correspond aux perspectives de croissance de l’entreprise, soit des communautés situées dans des régions stratégiques à proximité des occasions d’affaires, disposant d’un bon portefeuille d’initiatives de développement économique et d’un certain degré de sophistication.
Une étape importante
« Cette alliance représente une étape importante pour favoriser la participation économique des Autochtones », a déclaré le chef de la direction dans un communiqué publié au moment de l’annonce de l’entente. « Elle permettra de faire entendre les voix et de mettre à profit l’expertise des Autochtones dans un plus grand nombre de projets d’envergure, de créer de nouvelles occasions pour nos peuples et de générer des retombées économiques qui reviendront à nos actionnaires des Premières Nations. »
Lors de son entretien avec le Portail de l’assurance, M. Ballantyne précise par ailleurs qu’il voit cette nouvelle entente comme un moyen de faire passer l’entreprise à un niveau supérieur « et de donner un véritable coup d’accélérateur à ce que nous avons déjà bâti ». « C’est tout à fait unique, affirme-t-il. Il n’existe rien de comparable au Canada. »