Selon une récente analyse publiée par Morningstar DBRS, les feux de forêt ont ravagé une superficie légèrement supérieure à la moyenne des dix dernières années au Canada. Toutefois, les incendies demeurent principalement concentrés dans des régions éloignées du nord-ouest de l'Ontario et du nord du Québec. 

L'agence souligne que les assureurs de dommages canadiens sont bien placés pour absorber des pertes modérées liées aux feux de forêt, grâce à la solidité de leurs résultats techniques, à leur rentabilité, à leurs réserves de capital, à l'adéquation de leur tarification et à l'amélioration des conditions du marché de la réassurance. 

« Bien que la situation mérite d’être suivie de près, nous ne pensons pas que l’activité actuelle des feux de forêt se traduise par un sinistre majeur pour le secteur canadien de l’assurance », écrivent les auteurs de l'analyse Alors que la fumée envahit le Canada, les assureurs s’en sortent relativement indemnes. « La situation pourrait évoluer rapidement d’ici la fin du mois d’août. L’impact final sur les assureurs dépendra moins de la superficie totale brûlée que du fait que les incendies menacent ou non les grands centres urbains et les zones où se concentrent de nombreux biens assurés. » 

Depuis le début de l'année, environ 2,95 millions d'hectares ont été brûlés au Canada. À titre de comparaison, la moyenne pour la même période au cours des dix dernières années est d'environ 2,55 millions d'hectares. 

En Colombie-Britannique et en Alberta, les deux provinces historiquement les plus exposées aux coûts des feux de forêt, les incendies ont consumé respectivement 43 000 hectares et 18 000 hectares. Ces superficies demeurent largement inférieures aux moyennes observées à la même période, qui s'établissent à 373 000 hectares en Colombie-Britannique et à 380 000 hectares en Alberta. 

L'analyse souligne également que le Canada ne dispose pas d'un mécanisme public-privé spécialement conçu pour partager les pertes extrêmes causées par les feux de forêt. Bien que les discussions sur la création d'un programme fédéral de réassurance en cas de catastrophe aient progressé, elles portent principalement sur le risque sismique plutôt que sur les feux de forêt. 

« Par conséquent, les pertes liées aux feux de forêt continuent d’être absorbées principalement par le biais de solutions d’assurance du secteur privé proposées aux Canadiens », écrivent les auteurs. 

Morningstar DBRS conclut qu'un sinistre d'envergure touchant l'ensemble de l'industrie demeure peu probable, à moins que les incendies atteignent de grands centres urbains ou que plusieurs événements majeurs surviennent en peu de temps. 

« Les incendies qui font actuellement rage dans le nord-ouest de l’Ontario ne devraient pas se propager directement vers le sud de la province. Le risque le plus important réside dans le fait que la persistance de ces conditions météorologiques puisse déclencher de nouveaux incendies à proximité des zones peuplées », indiquent les auteurs. « Un scénario plus grave impliquerait des pertes importantes survenant simultanément dans plusieurs provinces. »