Selon l’édition 2026 du Market and Trends Report, les frais juridiques et les coûts liés aux litiges représentent maintenant 58,2% des primes payées par les conducteurs en Alberta. Et même si les réclamations pour dommages aux véhicules associées à des phénomènes météorologiques violents, comme la grêle, ont diminué sur un an, les pressions inflationnistes ont fait augmenter de près de 27% le coût de réparation des véhicules pour ces réclamations au cours des dernières années.

Le rapport a été publié cet été par l’Automobile Insurance Rate Board (AIRB) de l’Alberta, l’organisme de réglementation qui supervise et approuve les tarifs d’assurance automobile dans la province. Cette édition sera par ailleurs l’une des dernières à être publiée avant l’entrée en vigueur du régime Care-First de la province.

Ce document exhaustif présente une évaluation fondée sur des données probantes de la situation du marché de l’assurance automobile en Alberta. « Les données de ce rapport reflètent pleinement les effets du plafond tarifaire pour les bons conducteurs en 2024 et en 2025 », écrivent les auteurs du rapport.

« Le rapport confirme une fois de plus que le nouveau système d’assurance Care-First du gouvernement ne saurait arriver trop tôt », a déclaré Aaron Sutherland, vice-président du Bureau d’assurance du Canada (BAC), dans un communiqué publié à la suite de la parution du rapport. « Les coûts juridiques restent la principale source de pression sur les coûts des primes d’assurance des conducteurs et que les avocats plaidants continuent de jouer un rôle coûteux dans le système actuel. »

Des pertes financières

Le BAC souligne en outre que, malgré une augmentation du coût des primes, la vente d’assurance automobile demeure non rentable dans la province, les assureurs ayant perdu neuf cents pour chaque dollar de couverture vendu en 2025.

« Le coût de l’assurance automobile demeure une préoccupation centrale pour les conducteurs albertains », indique le rapport. « Les ratios de sinistres des assureurs demeurent élevés, ce qui met en évidence la tension persistante entre les primes abordables pour les consommateurs et la viabilité financière des assureurs. » Le ratio de sinistres de l’industrie pour les véhicules de tourisme (PPV) s’établissait à 83,6% en 2025, comparativement à 98,9% en 2024.

Plus précisément, les polices pour véhicules de tourisme représentaient 79,4% du marché albertain de l’assurance automobile selon le nombre de véhicules, suivies des véhicules commerciaux, qui comptaient pour 8,2% du nombre total de véhicules. Les polices pour motocyclettes représentaient 4,6% du total, celles pour véhicules tout-terrain, 4,1%, et celles pour véhicules anciens et classiques, 1,8%.

« Selon les primes souscrites, les véhicules de tourisme représentent 78,9% du marché, tandis que les véhicules commerciaux en représentent 12,3%. » Le marché couvre actuellement 3,1 millions de véhicules de tourisme et 320 000 véhicules commerciaux.

La publication examine également en profondeur les tendances de consommation et les tendances économiques, le contexte d’investissement des assureurs, les ratios du test du capital minimal ainsi que les tendances relatives à la propriété des véhicules de tourisme et des véhicules commerciaux. Elle présente aussi l’évolution du classement des assureurs dans le marché, les primes moyennes et le coût des sinistres par garantie, et traite de façon assez détaillée du vol.

Le BAC qualifie le rapport annuel d’évaluation importante. « Si nous voulons rendre l'assurance plus abordable pour les conducteurs albertains de façon significative et durable, nous devons nous attaquer aux coûts sous-jacents qui font augmenter les primes, et l’AIRB démontre clairement que les frais juridiques constituent la plus grande partie du problème », écrivent des représentants de l’association dans un échange avec le Portail de l’assurance.

Les plafonds tarifaires ne fonctionnent pas

« Les conclusions générales n’étaient pas surprenantes. Depuis plusieurs années, le BAC exprime ses préoccupations quant au coût croissant du régime albertain fondé sur la responsabilité civile délictuelle et à l’incidence des frais juridiques sur les primes des conducteurs. Le rapport contribue également à démontrer pourquoi des mesures comme les plafonds tarifaires ne fonctionnent pas et ne peuvent pas régler le problème de fond lié au coût de l’assurance. »

Quant au régime Care-First, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2027, le BAC affirme que le Market and Trends Report 2028 devrait fournir un portrait utile de l’évolution du marché après sa mise en œuvre. Par ailleurs, les réclamations découlant de sinistres survenus à compter de cette date commenceront à être traitées selon le nouveau régime. « Le BAC suivra également de près les données de l’Agence statistique d’assurance générale (ASAG) à mesure qu’elles deviendront disponibles, en particulier les coûts des sinistres et les tendances relatives aux primes après une année complète d’expérience sous le régime Care-First. »