Depuis longtemps, les sociétés canadiennes d’assurance vie et de rentes se caractérisent par leur constance et leur diversification, selon des chercheurs d’AM Best, qui commentent le rapport de l’agence consacré à ce segment de marché, intitulé Canadian Life/Annuity: A Focus on Digitization Bolsters Growth.

L’agence de notation maintient des perspectives stables pour le secteur, ajoutent-ils. Les ventes d’assurance vie ont continué de progresser en 2025, tandis que les assureurs poursuivent leurs efforts de transformation numérique et d’amélioration de leurs activités grâce au déploiement de l’intelligence artificielle (IA).

Le rapport cite plusieurs facteurs à l’appui de cette évaluation : les niveaux prudents de capital réglementaire maintenus par le secteur, les résultats financiers et techniques favorables, la diversification des secteurs d’activité, l’expansion de la présence géographique, la croissance favorable des revenus ainsi que l’importance accordée à la gestion des risques d’entreprise.

Parmi les défis figurent les pressions inflationnistes auxquelles font face les titulaires de police et l’incertitude. Cette dernière constitue toutefois également une occasion pour les assureurs, puisque le climat d’incertitude amène les consommateurs à percevoir un besoin accru de protection d’assurance. À cela s’ajoute l’augmentation des risques opérationnels, notamment les cybermenaces, à mesure que la numérisation progresse.

Les primes atteignent un niveau record

« Le total des nouvelles primes annualisées d’assurance vie au Canada a atteint un sommet record de 2,3 milliards de dollars en 2025, indique le rapport. Il s’agit d’une hausse de 4% par rapport à 2024, principalement attribuable aux primes d’assurance vie entière. » Ces dernières ont progressé de 10% et représentaient 70% du marché des primes. « Dans la catégorie de l’assurance vie entière, les produits d’assurance vie entière avec participation demeurent les plus vendus et représentent 87% des nouvelles primes souscrites. »

Le rapport fait également état d’un écart de protection croissant, puisque les polices souscrites antérieurement ne suivent pas le rythme de l’inflation et ne tiennent donc pas compte de l’augmentation de certains besoins financiers, « notamment des prêts hypothécaires et des salaires », écrivent les auteurs.

Un capital réglementaire nettement supérieur aux cibles de surveillance

Enfin, les auteurs soulignent que les assureurs au Canada ont tendance à maintenir des niveaux de capital supérieurs à ceux exigés par les organismes de réglementation : « Les ratios établis en vertu du Test de suffisance du capital des sociétés d’assurance-vie (TSAV), prescrit par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), et de la ligne directrice sur les exigences de suffisance du capital en assurance de personnes (ESCAP) de l’Autorité des marchés financiers (AMF) ont été maintenus par les assureurs notés par AM Best à des niveaux nettement supérieurs aux cibles de surveillance, écrivent-ils. Les quatre plus grands assureurs vie et rentes canadiens ont tous maintenu un ratio TSAV d’exploitation supérieur à 125% au deuxième trimestre de 2026. »