Selon Catastrophe Indices and Quantification (CatIQ), les violents orages qui ont frappé dans les provinces des Prairies et au Québec en juin dernier ont déjà causé des dommages assurés qui dépassent le milliard de dollars (G$). Cet organisme indépendant établi à Toronto compile les données de réclamations fournies par les assureurs.

Les 9 et 10 juin, une violente tempête a frappé la Saskatchewan et le sud du Manitoba, provoquant des tornades, des chutes de grêle et de grandes quantités de pluie. La première estimation faite par CatIQ s’élève déjà 728 millions de dollars (M$) en pertes assurées. Cela touche autant l’assurance des biens des particuliers et des entreprises que l’assurance automobile.

Les pluies torrentielles qui ont touché la région montréalaise, les 20 et 21 juin 2026, ont provoqué d’importantes inondations pluviales et des refoulements d’égouts, particulièrement dans l’ouest de l’île. La première évaluation des pertes publiée par CatIQ s’établit à 409 M$. Une nouvelle estimation des coûts de ce sinistre sera faite le 5 août prochain.

« Le deuxième trimestre de 2026 a débuté par une activité catastrophique bien supérieure à la moyenne au Canada, de nombreux événements ayant touché différentes régions du pays. Fait inhabituel, plusieurs événements ont frappé directement des centres urbains, ce qui a entraîné une forte augmentation de l’activité du secteur des assurances », indique Laura Twidle, présidente et directrice générale de CatIQ dans la publication faite le 15 juillet 2026.

Pluie à Ottawa

Le 16 juillet dernier, dans une publication qui cite les estimations faites par CatIQ, le Bureau d’assurance du Canada (BAC) souligne que cette estimation n’inclut pas les dommages des inondations qui ont frappé la région d’Ottawa le 1er juillet dernier. Ceux-ci seront importants, même s’il est encore trop tôt pour fournir une estimation.

En raison des pluies et des vents exceptionnels provoqués par cet orage, le spectacle de la fête du Canada sur la colline du Parlement, à Ottawa, a d'ailleurs été annulé. La tempête a causé des inondations, endommagé plusieurs résidences, forcé des évacuations et provoqué des pannes d’électricité. Des routes ont aussi été fermées. L’équipe mobile du BAC était d’ailleurs toujours sur les lieux le 16 juillet pour aider les sinistrés.

Depuis 20 ans, la facture annuelle moyenne des pertes assurées découlant des inondations et des dommages causés par l’eau a augmenté de 300 % comparativement à la période 1986-2005. Depuis 2009, ce type de péril a entraîné des dommages moyens de plus de 2 G$ par année.

« Ces catastrophes récentes et passées nous rappellent que le risque d’inondation n’est plus un défi futur, mais une réalité actuelle qui touche les Canadiens d’un océan à l’autre », indique Liam McGuinty, vice-président affaires fédérales du BAC.

Le lobby des assureurs de dommages réitère aux différents paliers de gouvernement d’accélérer le pas pour implanter les changements requis afin de réduire les pertes et de conserver le caractère abordable des primes d’assurance. Parmi ces suggestions, le BAC réclame que l’on cesse de construire les nouveaux logements dont les Canadiens ont besoin dans les zones inondables.

« Les inondations représentent le risque climatique le plus coûteux et le plus répandu au Canada. Au cours de la dernière décennie, les assureurs ont considérablement élargi l’offre d’assurance contre les inondations terrestres et continuent d’aider les propriétaires à se rétablir et à reconstruire après une catastrophe. Toutefois, l’assurance à elle seule ne peut résoudre le problème des inondations au Canada », poursuit M. McGuinty.

Deux ans après

Selon CatIQ, cet épisode de pluie torrentielle qui a frappé Montréal il y a quelques semaines, avec plus de 100 mm de pluie tombés en à peine 4 heures, ressemble à un événement similaire survenu à Toronto il y a deux ans, les 15 et 16 juillet 2024.

CatIQ a procédé à la révision finale de cette première inondation survenue à Toronto en juillet 2024. Un deuxième épisode de moindre envergure a eu lieu en août 2024 dans le Grand Toronto. L’estimation finale de l’événement de juillet 2024 est désormais de 890 M$.

Ce sinistre était le premier d’une série de quatre catastrophes climatiques qui ont frappé le Canada durant cet été 2024, causant des centaines de milliers de réclamations et des dommages de plus de 8 G$. L’année 2024, avec plus de 9,2 G$ en dommages assurés liés à des catastrophes naturelles, a été la plus coûteuse de l’histoire pour les assureurs.