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Règle des 20 % : deux autres assureurs s’opposent à son abolition

par Hubert Roy | 16 juin 2017 09h45

Photo : Freepik

Après Aviva Canada, c’est au tour de Promutuel Assurance et de L’Unique assurances générales de s’opposer à l’abolition de la règle des 20 % qui limite la participation d’un assureur dans l’actionnariat d’un cabinet de courtage.

Dans un message intitulé « Promutuel Assurance est fière d’appuyer les courtiers indépendants », et dont le Journal de l’assurance a obtenu copie, l’assureur a fait savoir qu’il déposera un mémoire dans le cadre de la consultation lancée par le ministère des Finances du Québec sur la propriété des cabinets de courtage. « Promutuel Assurance souhaite réitérer son appui au réseau de courtiers indépendants et souligner l’importance de leur présence dans l’industrie de l’assurance de dommages. C’est dans cet esprit, et afin de préserver la valeur d’un réseau de courtiers indépendants, que Promutuel Assurance déposera un mémoire. »

« Il faut tout mettre en place pour éviter les conflits d’intérêts »

Selon Promutuel, la règle actuelle des 20 % répond adéquatement aux besoins des courtiers et préserve leur indépendance. « Cette mesure permet de mieux protéger le consommateur contre toute ingérence d’une tierce partie dans un cabinet et donne aux courtiers la latitude nécessaire pour offrir à leurs clients le produit qui répond le mieux à leurs besoins, et ce, au meilleur prix. Dans une industrie de services comme la nôtre, où l’image compte pour beaucoup, il est essentiel de démontrer aux consommateurs que nous mettons tout en place pour éviter les conflits d’intérêts. »

L’assureur invite aussi les courtiers à participer à la consultation. « Promutuel Assurance a toujours soutenu qu’il revient aux consommateurs de choisir le représentant avec qui ils souhaitent transiger. Pour ce faire, ils doivent être en mesure de savoir, de façon simple et claire, s’il s’agit d’un intermédiaire indépendant ou d’un agent d’un assureur. C’est la réputation de notre industrie dont il est question ici, et nous avons le devoir de la défendre. »

« Respecter l’esprit d’entrepreneur et l’indépendance du courtier »

Mario Cussion et Yves Gagnon, respectivement président et chef de l’exploitation et vice-président, ventes et développement, ont envoyé un message aux courtiers du Québec hier après-midi. Ils en ont partagé la teneur au Journal de l’assurance.

« Nous croyons important de maintenir la règle du 20 % pour les raisons suivantes. Quand un consommateur choisit de faire affaire avec un courtier, il s’attend à se faire conseiller des protections en fonction de sa situation et à se faire offrir le meilleur rapport qualité/prix, puisque le courtier a accès aux produits de divers assureurs. C’est essentiellement là où le courtier se distingue et, pour cela, il doit être indépendant. Notre vision a toujours été de respecter l’esprit d’entrepreneur et l’indépendance du courtier. Pour nous, il est important de mettre le courtier à l’avant-plan et de lui fournir les meilleurs outils, les produits, le service et les prix qui lui permettront de mieux servir son client et de faire grandir son entreprise. À cet égard, nous croyons que le maintien de la limite actuelle de 20 % d’actions avec droit de vote permet au courtier de conserver son indépendance et de mieux servir les intérêts de ses clients. »

Accélération du niveau de concentration

Ils ajoutent que les risques d’assister à une accélération du niveau de concentration déjà élevé du courtage en assurance de dommages au Québec sont bien réels. « Il pourrait également devenir très difficile pour les petits ou moyens cabinets de courtage de concurrencer ce type de grands cabinets dans le marché de l’acquisition. Enfin, à moyen terme, cette concentration risque d’entraîner la disparition des cabinets de courtage de plus petite taille et, par conséquent, des emplois de qualité qu’ils offrent », disent MM. Cusson et Gagnon. Ils invitent eux aussi les courtiers à prendre part à la consultation.

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