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L’embauche de nouveaux travailleurs contribue à faire croitre le volume de primes en assurance collective

par La rédaction | 19 novembre 2012 16h33

Il n’y a plus que l’augmentation du cout des médicaments qui contribue à faire croitre le volume de primes du marché de l’assurance collective. La hausse du taux d’emploi a joué un rôle aussi important que celle du cout des médicaments dans la hausse du volume, en 2011.Selon le Groupe Fraser, les primes d’assurance collective ont cru de 3,8 % en 2011, au Canada, par rapport à 2010. La firme d’analyse estime à 32,5 milliards de dollars (G$) les revenus totaux qu’ont tirés les assureurs de leurs activités d’assurance collective au pays. Au Québec, les primes d’assurance collective ont cru de 4,5 % en 2011, par rapport à 2010. Le Groupe Fraser estime à 5,7 G$ les revenus totaux qu’ont tirés les assureurs de leurs activités d’assurance collective dans la province. En comparaison, les assureurs ontariens ont tiré des revenus de 16,3 G$ de leurs activités d’assurance collective, soit une croissance de 3,1 % par rapport à 2010. La présence de plusieurs grandes entreprises manufacturières, sièges sociaux et employés du gouvernement dans la province explique cet écart.

Les groupes de 1 000 employés et plus ont pris la part du lion des primes d’assurance collective en 2011, soit 20,9 G$ ou 64 % du total canadien. Les groupes de 50 à 999 employés ont compté pour 25 % de ces primes, soit 8 G$, et ceux de 1 à 49 employés ont compté pour 11 %, soit 3,6 G$.

Croissance lente

Depuis 5 ans, la croissance réelle des affaires a passablement ralenti, observe Ken Fraser, président de la firme de recherche. « Cette croissance de 3,8 % en 2011 est plutôt lente. Elle n’a pas dépassé 5 % ces 5 dernières années. Avant, nous étions habitués à une croissance des primes de 7 % par année », a-t-il dit. La seule véritable croissance des affaires se joue entre concurrents qui réussissent à rafler des groupes d’assurés aux mains des autres, dit M. Fraser.

Ce sont plutôt des facteurs socioéconomiques qui alimentent la croissance des primes en assurance collective, soutient M. Fraser. La hausse du taux d’emploi en fait partie et joue déjà un rôle favorable depuis plusieurs années. Statistique Canada rapporte, pour sa part, qu’en dépit des trois récessions survenues ces 35 dernières années, le taux d’emploi est tout de même passé de 57,1 % en 1976 à 61,8 % en 2011. « Le taux d’emploi a diminué au cours de la récession de 2008-2009, mais considérablement moins qu’au cours des récessions de 1981-1982 et de 1990-1992 », révèle l’organisme fédéral.

Statistique Canada définit le taux d’emploi comme le pourcentage des adultes canadiens de 15 ans et plus qui occupent un emploi et qui, grâce au revenu tiré de leur travail, sont en mesure de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

M. Fraser estime à 2 % la croissance du taux d’emploi survenue entre 2010 et 2011, au Canada. Cela a pour effet d’accroitre d’à peu près autant le nombre d’assurés en vertu d’un programme collectif. Il estime aussi que les salaires ont augmenté en moyenne de 2 % en 2011. D’où une augmentation des primes pour des bénéfices d’assurance collective liés au salaire, tels que l’assurance invalidité et l’assurance vie. Le jeu de ces facteurs a permis aux primes d’assurance collective de croitre en conséquence.

Jadis une épine dans le pied des promoteurs de régimes collectifs, la croissance des couts liés aux médicaments n’est plus le facteur d’inflation galopante qu’elle était. La croissance de ce taux a passablement ralenti, ces dernières années.

Une étude de Telus Solutions en santé a démontré que le taux de croissance des ventes aux pharmacies a fléchi sans cesse, après son sommet de 16,8 % en 2000. Depuis 2010, ce taux est passé sous la barre des 2 %. La réforme du prix des génériques dans certaines provinces et la fin de brevets ont favorisé cette tendance.

Dans son Rapport sur les tendances en matière de médicaments en 2011, Express Scripts Canada (ESI) a toutefois démontré que l’impact bénéfique des génériques est contrebalancé par un gaspillage au sein des régimes privés. ESI remarque que même si la tendance en matière de dépenses en médicaments est demeurée inchangée en 2011, les régimes privés au Canada ont gaspillé 5 G$ en 2011, en dépenses de médicaments.

Les assureurs prévoient des hausses à leur tarification, selon certains facteurs. Parmi eux, des fourchettes qu’ils nomment « facteurs de tendances ». Ces facteurs font l’objet d’un sondage du Groupe Fraser, depuis plusieurs années.

Cette année, les fourchettes prévues dans différentes provinces par les assureurs, quant à l’augmentation des couts de régime liés au volet médical (hospitalisation, médicaments, soins paramédicaux et étrangers), oscillent généralement entre 11,2 % et un peu plus de 12 %. Les fourchettes sont plus basses pour le volet dentaire (excluant l’orthodontie), allant d’environ 7 % à 10 %. Dans son sondage, Groupe Fraser signale que ces facteurs de tendance ne sont qu’une des composantes qu’utilisent les assureurs pour fixer les prix. Selon M. Fraser, la forte magnitude des fourchettes pour le volet santé tient aux réflexes développés par les assureurs dans les années 1990, alors aux prises avec une forte hausse du cout des médicaments. À l’époque, il n’était pas rare de voir un facteur de tendance de 15 %, se souvient-il.

« Dans les années 1990, l’industrie a été surprise par une augmentation des dépenses de médicaments plus rapide que ne l’indiquaient ses facteurs de tendance, a expliqué M. Fraser. Après 2000, les réclamations se sont stabilisées. Maintenant, ces facteurs reviennent à des niveaux plus raisonnables. » Les parts de marché ont peu évolué depuis 2010. Au Canada, les 10 premiers joueurs de 2011 figurent dans le même ordre qu’en 2010. La concentration du top 10 s’est encore accentuée, passant de 95,3 % à 95,5 %, entre 2010 et 2011. Les parts de Financière Sun Life et Financière Manuvie ont légèrement fléchi, alors que celles de Desjardins Sécurité financière, SSQ Vie, Greenshield, Industrielle Alliance et La Capitale ont légèrement augmenté.

Au Québec, les 10 premiers joueurs de 2011 figurent aussi dans le même ordre qu’en 2010. La concentration du top 10 s’est également accentuée, passant de 98,0 % à 98,4 %, entre 2010 et 2011. Desjardins et SSQ, les deux premiers joueurs du classement, ont vu leur part de marché s’éroder respectivement de 0,3 % et 0,4 %, soit les mouvements les plus significatifs enregistrés dans la province.

M. Fraser signale une nouveauté qui peut toutefois affecter légèrement la comparaison des résultats entre 2010 et 2011. Sa firme a décidé d’introduire l’assurance des associations d’étudiants dans le calcul des primes. Selon lui, cet ajout fait peu de différence au Québec. Au Canada, l’effet de déviation sur les parts de marché peut être plus important, mais demeure modeste.

Le Groupe Fraser exclut de ses calculs les primes en provenance de l’assurance-crédit et celles des autres groupes-associations (affinity groups) qui ne sont pas des regroupements d’étudiants.

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