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Manuvie et Sun Life ont un intérêt renouvelé dans le marché des fonds distincts

par Hubert Roy | 19 mai 2015 08h58

Laissés de côté pendant quelque temps par les assureurs vie, deux des plus grands joueurs de l’industrie affirment qu’ils voient un intérêt à vendre davantage de fonds distincts, soit Financière Manuvie et Financière Sun Life.Des hauts dirigeants des deux assureurs ont fait ces confidences lors de deux présentations distinctes données lors de la Conférence des institutions financières canadiennes. L’évènement était organisé par la Banque Nationale et a eu lieu le 24 mars à Montréal.

harrison_marianne_article« Les fonds distincts sont un segment qui nous intéresse particulièrement, a dit Marianne Harrison, vice-président exécutive et présidente de la division canadienne de Manuvie. Standard Life du Canada, que nous avons acquis, a connu beaucoup de succès dans ce segment avec sa plateforme. On y voit de belles occasions d’affaires, comme pour les fonds communs, grâce au succès que Standard Life y a connu », dit-elle.

Mme Harrison rappelle que Manuvie était très présente en fonds distincts il y a plusieurs années, mais que l’assureur s’était retiré quelque peu de ce marché pour mieux gérer son risque. « Nous aimons le profil de risque que présente Standard Life en fonds distincts. Nous aimons la balance de risque qu’ils ont prise. On croit donc qu’il y a une occasion réelle pour nous. On travaille à élaborer notre plateforme commune d’ici la fin de l’année », dit-elle.

Nouveau fonds distinct chez Sun Life

freyne_colm_articleColm J. Freyne, chef des finances (CFO) de la Financière Sun Life, a révélé que sa compagnie lancera un nouveau fonds distinct d’ici la fin du printemps. Habituellement, Sun Life faisait ce genre de lancement par l’entremise de Placements CI. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci. Sun Life lancera son propre produit maison.

« L’entente de distribution que nous avions avec CI ne sera pas étendue. Nous voulons bâtir notre stratégie autour de notre division Sun Life Global Investments. Nous prenons charge de manufacturer des produits. Nous en viendrons à introduire notre propre portefeuille de fonds distincts dans le futur. »

Les deux assureurs ont aussi réitéré leur intérêt envers le marché du Québec. Marianne Harrison a rappelé que l’acquisition des activités canadiennes de Standard Life présentait une opportunité intéressante pour Manuvie au Québec.

« Notre pénétration était plutôt faible au Québec comparativement à d’autres provinces. Standard Life ne vendait pratiquement pas d’assurance vie individuelle au Québec. Il y a une occasion pour les conseillers qui étaient rattachés à Standard Life d’adopter une planification financière plus holistique, couvrant tous les besoins du client. Ils n’avaient pas le volet assurance pour le faire auparavant. Il y a plusieurs opportunités pour nous au Québec », dit-elle.

Appétit pour le Québec

Sun Life aussi a réitéré son appétit pour le Québec. Lors de sa plus récente journée de l’investisseur, son PDG Kevin Dougherty a affirmé qu’il avait remis le Québec parmi ses priorités.

« Le Québec est un marché très important pour nous, a confirmé M. Freyne. Isabelle Hudon y a fait un travail formidable pour revigorer notre équipe au Québec. Nous avions une bonne équipe, mais la présence d’Isabelle a fait une différence. Robert Dumas poursuit son travail. On s’y débrouille très bien en assurance individuelle. Notre réseau captif y est aussi très fort. »

M. Freyne ajoute que Sun a réalisé des gains intéressants en collectif dans les segments de la retraite et des avantages sociaux. « On voit plusieurs occasions au Québec. Nous y sommes aussi très présents au niveau de la commandite et de la philanthropie pour être une force dans la communauté québécoise. On veut poursuivre dans cette voie », dit-il.

Sun Life garde aussi l’œil ouvert pour des acquisitions et des occasions de croissance organique. « Plusieurs occasions se sont présentées pour que l’on réalise de la croissance organique et nous avons livré la marchandise pour en tirer profit. Ça a fait augmenter nos dépenses, mais ça en a valu le coup, notamment en Asie. On ne ferme pas non plus la porte aux possibilités d’acquisitions lorsqu’elles se présentent, comme nous l’avons fait pour Ryan Labs, une firme d’investissement de New York », dit M. Freyne.

Déployer le capital en réalisant des acquisitions

Du côté de Manuvie, Mme Harrison a souligné qu’une manière pour Manuvie de déployer son capital était de réaliser des acquisitions, comme l’assureur l’a fait pour Standard Life et New York Life, une compagnie américaine. Manuvie dit aussi plusieurs opportunités de croissance, notamment du côté des services bancaires de sa filiale Banque Manuvie.

« Nous y voyons encore des occasions dans des niches, comme celles que nous occupons avec notre produit hypothécaire Manuvie Un. C’est un produit que les grandes banques ne copieront pas. Nous avons de plus en plus d’idées sur les produits non traditionnels que nous pourrions développer au cours des prochaines années. Il y a beaucoup d’occasions de croissance pour nous dans le futur », dit Mme Harrison.

Autre avenue de croissance pour Sun Life : assurer le risque de longévité, comme elle l’a fait pour BCE face à ses engagements envers les retraités du régime de retraite à prestation déterminée de Bell Canada. M. Freyne précise toutefois que l’assureur se concentrera sur le Canada avant d’exporter cette offre aux États-Unis, malgré sa position de leadeur dans le marché américain pour ce type de régimes.

« Le risque de longévité doit être soigneusement géré. Il n’est pas statique comme peut l’être l’âge du décès. Il y a des tendances qu’il faut considérer. Nous avons beaucoup d’expertise au Canada en ce sens vu la taille du portefeuille que nous avons. Aux États-Unis, il faut aussi tenir compte de la question de notre responsabilité. On préfère pour le moment travailler avec des régimes de pensions et des investisseurs institutionnels pour gérer leur argent pour déphaser leurs engagements à long terme. C’est que Ryan Labs nous apportera. Nous sommes donc en mesure d’offrir une offre plus complète au Canada et on y voit beaucoup d’opportunités », dit M. Freyne.

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