Les primes d’assurance habitation des propriétaires et d’assurance hypothécaire ont augmenté de 45% entre décembre 2019 et décembre 2025, tandis que les primes d’assurance automobile pour les véhicules de promenade ont augmenté de 23,9%. Ces deux hausses sont supérieures à celle de l’Indice des prix à la consommation d’ensemble, qui a augmenté de 21% au cours de la même période.

Il s’agit du constat fait par Statistique Canada dans nouveau rapport qui met en lumière les défis auxquels l’industrie de l’assurance de dommages est confrontée depuis six ans. Ces défis, souligne l’autrice du rapport, l’économiste de Statistique Canada Marisa McGillivray, surviennent « à la suite d’une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, d’une hausse des vols d’automobiles et d’une augmentation des coûts de fabrication et de réparation sous l’effet des coûts des intrants et des traitements ».

Dans le rapport intitulé Les répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes sur les consommateurs et les assureurs au Canada, décembre 2019 à décembre 2025 : une analyse actualisée, Mme McGillivray ajoute que les tarifs d’assurance ont constamment augmenté plus rapidement que l’inflation d’ensemble au fil du temps et que la sous-assurance représente un risque important pour les propriétaires.

Or, dans son rapport, l’économiste précise également que la hausse des prix de l’assurance habitation des propriétaires observée sur cinq ans, entre décembre 2020 et décembre 2025, « n’est pas exceptionnellement grande », puisque « bon nombre d’autres périodes ont été marquées par des augmentations importantes. »

Les coûts non assurés sont en hausse

En examinant les tendances liées aux inondations, aux feux de forêt, aux orages convectifs, au risque d’ouragan et au risque de tremblement de terre, Statistique Canada souligne également que les coûts non assurés sont importants et en croissance.

« On estime que pour chaque 1$ de frais assurés, les frais non assurés atteignent 2 à 4 $ », écrit Marisa McGillivray, ajoutant que le vieillissement et la détérioration des infrastructures constituent un facteur de risque supplémentaire.

« En 2026, l’Institut climatique du Canada a estimé que 4 milliards de dollars en mesures proactives annuelles d’adaptation de l’infrastructure pouvaient générer de 5 à 10 milliards de dollars en coûts évités, ce qui souligne la nécessité de mesures d’adaptation coordonnées », poursuit-elle.

Dans son document, Statistique Canada souligne également que les dépenses des assureurs, influencées par le coût des sinistres, ont augmenté au cours des six dernières années : « Les réclamations et les dépenses totales pour l’ensemble des assureurs multirisques sont passées à 74,9 milliards de dollars en 2025, une hausse de 50,1% par rapport à 2020 et de 12,3% par rapport à 2023. »

Afin de compenser la hausse des réclamations et des dépenses, les assureurs ont augmenté leurs primes, relève l’autrice du rapport, ce qui a donné lieu à une croissance des revenus, qui a aidé les assureurs à rester rentables dans la plupart des cas. Les revenus totaux du secteur « ont augmenté pour s’établir à 87,5 milliards de dollars en 2025, une hausse de 63,9% par rapport à 2020 et de 15,4% par rapport à 2023 ».

« Même si les conditions météorologiques extrêmes ont été modérées en 2025 comparativement à 2024, le total des réclamations et des dépenses a été légèrement plus élevé en 2025 qu’en 2024 », note Mme McGillivray.

L’économiste de Statistique Canada conclut en plaidant pour une collaboration entre les consommateurs, les assureurs et les gouvernements afin de mettre en place des solutions viables.

L’autrice souligne le recours des assureurs à la technologie et le développement de produits, tout en notant qu’une grande partie de ces innovations visent les risques commerciaux. « Les assureurs innovent au moyen de modèles de tarification axée sur les risques qui reposent sur l’intelligence artificielle et d’obligations catastrophes pour des risques particuliers, en plus de rechercher des produits de rechange tels que l’assurance paramétrique; toutefois, bon nombre de ces cas relèvent des risques commerciaux », écrit-elle.

« L’innovation porte davantage ses fruits lorsqu’elle s’accompagne de mesures d’adaptation et de mesures visant à accroître la résilience, poursuit l’économiste. Celles-ci comprennent notamment les initiatives "Reconstruire en mieux", les rénovations domiciliaires, les mises à jour des normes du bâtiment, une meilleure planification de l’utilisation du sol, ainsi que le renforcement des AAFCC [Accords d’aide financière en cas de catastrophe] et la mise en place d’un programme national d’assurance contre les inondations. En 2026, l’Institut climatique du Canada a estimé que 4 milliards de dollars en mesures proactives annuelles d’adaptation de l’infrastructure pouvaient générer de 5 à 10 milliards de dollars en coûts évités, ce qui souligne la nécessité de mesures d’adaptation coordonnées. »