Renoncer à l’ensemble des indemnités devenues facultatives dans le cadre de la réforme de l’assurance automobile pourrait permettre aux conducteurs ontariens de réaliser de très faibles économies, tout en les exposant à d’importants risques financiers en cas d’accident grave. C’est la mise en garde de MyChoice Financial, une entreprise en technologie de l'assurance (ou « assurtech ») établie à Toronto. 

Son rapport récemment publié, intitulé Not Worth It, indique que renoncer à toutes les nouvelles indemnités facultatives, entrées en vigueur le 1er juillet 2026, ne permettrait d’économiser qu’environ 106 $ par année sur une prime annuelle moyenne de 2 132 $. Le calcul repose sur le profil d’un conducteur type, soit une personne mariée de 35 ans ayant un dossier de conduite vierge et une couverture d’assurance continue. 

Vitalii Starov

« Renoncer à ces indemnités d’accident facultatives ne semble pas très avantageux, compte tenu de l’ampleur de la couverture que l’on risque de perdre », affirme Vitalii Starov, vice-président, croissance des produits chez MyChoice, au Portail de l’assurance

MyChoice, qui exploite MyChoice.ca, un site Web où les Canadiens peuvent comparer gratuitement et en temps réel des soumissions d’assurance automobile, habitation et vie provenant de fournisseurs de premier plan, a analysé plus de 1 000 soumissions d’assurance automobile produites après le 1er juillet 2026. L’exercice a été réalisé en utilisant plusieurs véhicules populaires, notamment les Honda Accord et Civic, Toyota Corolla, Mazda CX-5, Ford Escape et Chevrolet Equinox

Une précieuse indemnité de remplacement du revenu 

L’indemnité facultative la plus coûteuse est celle visant le remplacement du revenu, dont la prime annuelle moyenne s’élève à 47 $, selon les analyses de MyChoice. Vient ensuite les frais d’entretien ménager et d’entretien du domicile, à 36 $ par année, les indemnités pour personne soignante, à 10 $ par année, et les indemnités de personne sans revenu d’emploi, à 8 $ par année. 

MyChoice a également constaté que plusieurs indemnités facultatives ne coûtaient aux conducteurs qu’environ 1 $ de plus par année. 

Il s’agit notamment des protections couvrant : 

  • les frais d’études perdus; 
  • le remboursement des frais engagés par les visiteurs, afin de couvrir les dépenses raisonnables engagées par des membres admissibles de la famille ou du ménage lorsqu’ils rendent visite à une personne assurée blessée pendant son traitement ou son rétablissement; 
  • les dommages à certains effets personnels, comme les vêtements ou les appareils médicaux, causés lors d’un accident; 
  • une indemnité de décès; 
  • une indemnité pour frais funéraires. 

Même une blessure non invalidante pourrait empêcher une personne de travailler pendant un certain temps. En renonçant à ces indemnités, elle perdrait la protection qui aurait pu l’indemniser pendant la période où elle est incapable de gagner un revenu, souligne M. Starov. Le rapport fait état d’un montant pouvant atteindre 400 $ par semaine pour le remplacement du revenu. 

Le rapport soulève des préoccupations quant aux conséquences juridiques potentielles lorsqu’une victime d’un grave accident automobile renonce à certaines indemnités facultatives et n’est donc plus admissible à celles-ci. Ces préoccupations découlent de la possibilité d’un différend concernant les renseignements que lui a fournis le courtier ou l’assureur, notamment quant à savoir si des questions lui ont été posées au sujet de sa situation et si la décision de retirer une protection particulière a été adéquatement documentée. 

« Nous ne l’avons pas encore vu, mais c’est quelque chose auquel nous allons porter une attention accrue au cours des prochains temps », dit M. Starov. Il ajoute que les principales responsabilités du courtier consistent à informer les consommateurs au sujet des récentes réformes de l’assurance automobile et à leur présenter clairement les choix qui s’offrent à eux au moment du renouvellement de leur police. 

Liste de questions 

MyChoice recommande aux titulaires de police de préparer la liste de questions suivante avant de décider quelles options accepter ou refuser : 

  • Qu’est-ce qui remplacerait mon revenu si je ne pouvais pas travailler pendant plusieurs mois? 
  • Mon régime d’assurance invalidité au travail couvre-t-il les blessures causées par un accident automobile? 
  • Qui s’occuperait des enfants, des soins à une personne, du ménage ou de l’entretien du domicile si j’étais blessé? 
  • Mon ménage pourrait-il assumer des dépenses imprévues à même ses économies? 
  • Ai-je une assurance vie et une couverture pour frais funéraires suffisantes? 
  • Pourrais-je me permettre de perdre des frais de scolarité payés d’avance ou de remplacer des lunettes, des appareils auditifs ou des appareils médicaux endommagés? 
  • Tous les conducteurs réguliers sont-ils correctement inscrits sur ma police? 

« Il est important d’analyser ce qui pourrait éventuellement se produire. Il faut envisager le pire scénario et voir quelles en seraient les conséquences financières pour vous, puis prendre une décision en conséquence », note M. Starov. 

Les titulaires de police doivent examiner les autres couvertures d’assurance dont ils pourraient bénéficier, souligne-t-il, notamment une assurance vie ou un régime d’assurance invalidité offert par leur employeur actuel, qui pourraient éventuellement remplacer certaines des protections prévues par les indemnités d’accident facultatives. 

« C’est [important] d’y porter attention, parce qu’il pourrait y avoir un certain chevauchement », précise M. Starov. 

 

Le sondage de suivi de MyChoice

MyChoice Financial a mené une étude de suivi afin de déterminer quelles indemnités devenues facultatives dans le cadre de la réforme de l’assurance automobile de l’Ontario ont été conservées ou abandonnées par les assurés de la province. 

« Nous avons constaté que 32,6% des conducteurs de notre ensemble de données ont renoncé à toutes les indemnités d’accident facultatives », indique Vitalii Starov, vice-président, croissance des produits chez MyChoice. 

Parmi les conducteurs, 95% ont choisi de renoncer aux indemnités supplémentaires pour frais médicaux et de réadaptation en cas de déficience invalidante (qui s’ajoutent à certaines garanties déjà facultatives avant le 1er juillet), 90% aux indemnités pour personne soignante et 89% à celles couvrant les frais d’entretien ménager et du domicile. 

À l’inverse, les options individuelles que les conducteurs étaient les plus susceptibles de conserver étaient les indemnités de décès et pour frais funéraires, toutes deux dans une proportion d’environ 64%, suivi par la couverture des dommages aux effets personnels, à 54%. Ensuite, l’indemnité de remplacement du revenu était conservée chez 52% des conducteurs, alors que les frais engagés par les visiteurs et les indemnités de personne sans revenu d’emploi étaient conservés par environ 50% des gens.