Les feux de forêt et les orages convectifs violents ont été les principaux responsables du total des pertes assurées en Amérique du Nord en 2025, selon une étude récemment publiée par Swiss Re Institute.

« En Amérique du Nord, les pertes liées aux feux de forêt augmentent plus rapidement que la croissance économique, alors que les expositions sont de plus en plus concentrées dans des zones à haut risque », écrivent les auteurs du rapport intitulé en anglais Natural catastrophes in North America in 2025: secondary peril losses at the forefront, again. « Il n’y a pas seulement plus de biens à assurer, on observe aussi des changements clairs dans les facteurs de risque. »

Au Canada, les pertes assurées de l’an dernier se sont élevées à 1,5 milliard de dollars (tous les montants sont en dollars américains), indique Swiss Re Institute, soit moins de la moitié de la moyenne des cinq années précédentes, qui était de 3,2 G$. Elles ont aussi été nettement inférieures au sommet record de 6,5 G$ en 2024.

Le rapport prévient toutefois que les résultats observés en 2025, inférieurs à la tendance, ne traduisent pas une diminution durable du risque. « Bien que 2025 ait été une année relativement clémente au Canada sur le plan des pertes assurées liées aux catastrophes, il serait erroné d’y voir un signe d’atténuation du risque », indique d’ailleurs Jolee Crosby, cheffe de la direction de Swiss Re Canada.

Les périls secondaires

Mme Crosby ajoute que les périls secondaires, en particulier les feux de forêt et les orages convectifs violents, deviennent les principaux facteurs des pertes assurées. « Ces périls représentent désormais la vaste majorité des pertes catastrophiques dans la région, ce qui marque un changement fondamental dans le profil de risque de l’industrie. »

Le rapport de Swiss Re Institute, qui porte à la fois sur les États-Unis et le Canada, indique qu’au cours des 55 dernières années, les pertes assurées liées aux feux de forêt ont augmenté environ deux fois plus rapidement que la valeur des biens exposés au risque.

« Les facteurs liés à l’exposition (coûts de construction, population exposée au risque et croissance économique par habitant) expliquent ensemble un peu plus du tiers de la croissance des pertes liées aux feux de forêt. Les quelque 60% restants s’expliquent par des changements dans le profil de risque. Dans le cas du risque de feu de forêt, cette situation est attribuable à la forte augmentation des actifs de grande valeur dans les régions à haut risque, aux changements des conditions météorologiques (sécheresses et vents violents) et aux sources de combustible (structures inflammables reliées par des prairies asséchées servant de vecteur de propagation du feu) », écrivent les auteurs du rapport.

Concernant les inondations, Swiss Re Institute affirme que certaines tendances laissent croire que les mesures de protection et d’atténuation, comme les infrastructures, contribuent à compenser le risque et à limiter les pertes. « Comparativement aux autres périls secondaires en Amérique du Nord, les inondations semblent être gérées plus efficacement du point de vue de la croissance des pertes. »

Adaptation et atténuation

Les mesures d’adaptation et d’atténuation sont essentielles pour réduire le potentiel de pertes et maintenir l’assurabilité dans les régions exposées, concluent les auteurs du rapport « Selon nos constats, les mesures d’adaptation peuvent compenser de façon importante la croissance des pertes lorsqu’elles sont mises en œuvre efficacement », écrivent les auteurs.

Dans sa déclaration, Jolee Crosby précise qu’il existe une occasion claire d’améliorer les mesures d’atténuation et de résilience. « Les données montrent que des mesures d’adaptation bien conçues, comme des normes de construction plus rigoureuses et des travaux de modernisation ciblés, peuvent réduire de manière significative à la fois la fréquence et l’ampleur des pertes », dit-elle. « Pour le Canada, l’harmonisation des incitatifs entre les assureurs, les gouvernements et les propriétaires sera essentielle afin de maintenir l’assurabilité à long terme. »