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Une start-up montréalaise veut créer un App Store d’intelligence artificielle en assurance

par Hubert Roy | 16 avril 2018 07h00

Carlos Benfeito | Photo : Réjean Meloche

Carlos Benfeito s’est donné une mission en lançant sa start-up : faire du Canada le leadeur mondial en matière d’intelligence artificielle en assurance.

Le Journal de l’assurance l’a rencontré au Château St-Ambroise, pépinière de start-ups à Montréal, où AllAI, son entreprise, partage des locaux avec une firme de jeux vidéo.

Pourquoi avoir lancé AllAI ? « Après avoir passé 17 ans à œuvrer pour de grands assureurs, je me suis demandé si c’est ce que je voulais faire pour les 17 années suivantes. La réponse a été non », dit M. Benfeito, qui a occupé des fonctions de gestion chez AXA et Intact Assurance, notamment.

S’adapter à l’assurance

Bien que le concept d’intelligence artificielle en assurance semble nouveau pour plusieurs, M. Benfieto affirme que plusieurs solutions existent déjà. De grandes firmes, telles IBM ou Microsoft, ont développé des solutions d’intelligence artificielle. Celles-ci se prêtent toutefois mal à l’assurance, dit-il.

Il cite aussi le modèle d’Element AI, de Nicolas Chapados, comme entreprise d’intelligence artificielle en assurance. M. Benfeito dit toutefois que son modèle différe de celui d’Element AI sur un grand point : l’assureur ou le courtier qui fera appel à ses services conservera ses données.

« Le data est l’huile de l’assureur. C’est pourquoi je veux leur offrir, ainsi qu’aux courtiers, des fonctionnalités qu’ils pourront utiliser à la pièce, comme Apple le fait avec son App Store. Les courtiers n’ont pas les moyens ou les ressources pour monter de tels systèmes. Mon but est de mettre l’intelligence artificielle entre leurs mains, dans un langage qu’ils comprendront », dit-il.

M. Benfeito est encore en montage de son entreprise. Une dizaine de collaborateurs travaillent avec lui. Il mène aussi des tests avec une dizaine d’organisations, assureurs et courtiers. Il prévoit que le lancement officiel de son entreprise se fera en juillet. Il y a investi ses propres fonds pour la développer. Il n’a pas sollicité de capital de risque dans le moment.

Il compte lancer son offre de service avec quatre produits. D’autres suivront par la suite en 2019.

Son premier produit se nomme Auto Lenz. À partir d’une photo que soumet l’assuré, le module d’intelligence artificielle d’AllAI identifie la marque et le modèle du véhicule. Aucun formulaire à remplir pour le client. L’info se transfère automatiquement chez l’assureur, qui peut y appliquer ses codes de tarification et renvoyer l’information en temps réel pour produire une soumission.

Le module d’Auto Lenz va plus loin. Il peut identifier dans la même photo si une mobylette ou un bateau s’y retrouve. Une autre soumission pourra être produite sur-le-champ pour ces produits supplémentaires.

« C’est le fun pour l’assuré et c’est facile pour lui. C’est fait à la fois pour l’assuré et l’assureur. On met le client au début de la chaine. Ça permet aussi de collecter des données sur les comportements des clients. Avec la photo, l’assureur peut en retirer plein d’information. »

Vient ensuite Auto Coverage Talk & Home Coverage Talk. Cette application vise à donner à l’assuré l’information dont il a besoin. Par exemple, si une personne échappe malencontreusement son téléphone dans la toilette, est-ce que son assureur couvre sa perte ? Si oui, comment ?

Utiliser des cas réels

« En entrant en contact avec son assureur, un chatbot peut lui donner la bonne information, dans un langage qu’il comprend, sans qu’on lui parle de sa prime B2 ou B3. L’assurance, c’est compliqué pour l’assuré. Quand il en a besoin, c’est parce qu’il vit un moment particulier dans sa vie. Bien peu de gens savent qu’une couverture habitation ne couvre généralement pas plus de 500 $ pour des bijoux. On veut utiliser des cas réels pour qu’ils réalisent en quoi consiste leur couverture. »

Auto Quote Talk & Property Quote Talk viendront rapidement donner un prix à un client qui en veut un à partir d’appareils d’assistance à la maison comme Google Home ou Amazon Alexa. Puis, Auto Damage Lenz reprend le principe d’Auto Lenz, mais lors d’un sinistre. À partir d’une photo, un assureur ou son expert en sinistre sera rapidement en mesure de déterminer l’état des dommages sur un véhicule, voire même de le déclarer perte totale sur-le-champ et d’entamer le processus d’indemnisation.

Enlever des tracas

« On vient enlever beaucoup d’inefficacité dans le marché avec de telles applications. Ça enlève aussi des tracas à l’assuré. On suit ainsi le cycle de vie d’une police : la soumission, l’achat, les modifications, le renouvellement et la réclamation. »

M. Benfeito ne vendra pas ses solutions à un seul assureur ou à un seul courtier. Il mise sur le volume de transactions pour rentabiliser son modèle d’affaires.

Ainsi, un assureur ou un courtier qui veut utiliser ses applications pourra se procurer une clé pour le faire. Il sera ensuite tarifé selon l’utilisation, allant de cinq sous à un dollar par utilisation, en fonction du produit.

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