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COVID-19 et invalidité : un retour de balancier à prévoir

par Frédérique De Simone | 19 juin 2020 14h30

Photo: Freepik

Desjardins s’attend à une recrudescence des invalidités dans les mois à venir, probablement pour les troisième et quatrième trimestres de 2020, a expliqué Daniel Dufour, chef de produit, prévention et gestion des invalidités chez Desjardins assurances, lors d’un webinaire portant sur la santé globale et le mieux-être des employés au-delà de la crise de la COVID-19.

Le changement des habitudes de vie, comme le manque d’exercice ou les heures supplémentaires passées devant les écrans, le stress, l’isolement et le changement des habitudes alimentaires affectent la santé mentale. Tout comme le stress financier et le changement des habitudes de travail.

« Ça fait trois mois que l’on n'est plus dans un mode de vie normal. Le télétravail n’est plus une mesure accessoire, c’est une nouvelle réalité. Les interruptions virtuelles sont fréquentes, les heures de travail s’allongent et la conjugaison travail-famille est difficile. Les employés ont la tête ailleurs », dit M. Dufour.

Comment ça va ?

Cette question ne peut pas rester qu’une simple formule de politesse dans le contexte actuel, dit Daniel Dufour. Elle devient essentielle pour connaitre la santé globale et en apprendre davantage sur le bien-être de ses employés.

« Il ne faut pas avoir peur de se renseigner sur la forme physique, psychologique et sur les finances de ses employés. Trois sphères qui sont intimement liées. Quand une frémit, les deux autres tremblent aussi », a-t-il dit lors du webinaire organisé par le Groupe entreprises en santé.

Selon une étude menée par Desjardins en 2018, 80 % des gens qui se disaient en bonne forme physique, se disaient capable de bien gérer leurs finances, et 73 % des gens en bonne santé financière se disaient aussi en bonne santé psychologique.

La moitié des gens qui affirmaient être en mauvaise santé physique avaient du mal à gérer leur santé financière et 61 % des gens qui avaient une situation financière passable ou mauvaise, disaient aussi avoir une santé psychologique fragile.

« Avec la pandémie, il est certain que ces statistiques se sont aggravées. On sait que les gens boivent plus d’alcool et dorment moins bien. Un Canadien sur quatre ne va pas bien ou est en mode survie du point de vue psychologique et financier. C’est peut-être l’un de nos employés », a-t-il poursuivi.

Être à l’écoute des employés

Selon lui, l’employeur doit apporter un soutien moral à ses employés et faire preuve d’écoute. Le maintien d’une bonne communication avec les employés est un élément essentiel pour veiller au confort des travailleurs. Il doit également observer et déceler les signes précoces de la détresse d’un employé.

Par ailleurs, il doit connaitre les ressources que la compagnie met à la disposition des membres du personnel, pour être en mesure de les rediriger vers une ressource spécialisée et adaptée.

« La pandémie nous a appris à être à l’écoute de nos employés dans leurs besoins et leurs attentes. La phase dans laquelle on entre devra être empreinte de compassion et de compréhension envers eux », ajoute M. Dufour.

Inclure la santé connectée dans l’offre collective

Le fait que la plupart des consultations chez le médecin ont été repoussées à cause des mesures de sécurité sanitaire mises en place pour limiter la propagation de la COVID-19 peut contribuer à accentuer le mal-être des employés, croit M. Dufour.

Les plateformes de santé et de mieux-être développées par les assureurs ont gagné en popularité pendant la crise sanitaire. La plupart des assureurs ont d’ailleurs alimenté ces outils au cours de cette période, pour mettre des informations fiables à la disposition de leurs assurés.

Certains ont même multiplié les vidéos et les webinaires spéciaux sur la situation. « Dans notre cas, chez Desjardins, dès que les marchés boursiers ont chuté, nous avons fait des vidéos pour rassurer nos épargnants », explique Daniel Dufour.

Ces plateformes doivent être perçues comme des alliées pour les employeurs qui veulent promouvoir et offrir de tels outils à leur personnel, croit M. Dufour. « C’est une façon qui est simple et peu couteuse de soutenir et aider les employés à retrouver leur tranquillité d’esprit », dit-il.

« La télémédecine suscite un fort engouement actuellement et les mesures de distanciations démontrent qu’il existe un réel besoin pour ce type de service à distance. Je crois que les employés et les employeurs, avec les promoteurs de régimes collectifs, doivent cibler et identifier les éléments qui feront une différence dans “l’expérience employée”. Ce genre de plateforme a une réelle valeur sur investissement, mais ce sera à chaque employeur et promoteur de bien évaluer les besoins d’une entreprise et l’ensemble des autres services disponibles dans le régime collectif », ajoute-t-il.

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