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Fort McMurray révolutionnera la souscription des risques au Canada

par Mathieu Carbasse | 03 novembre 2016 07h00

Photo : Chris Schwarz/Government of Alberta (https://flic.kr/p/GQGbUo)

Une catastrophe naturelle est souvent la source de nombreuses innovations dans le marché de l’assurance. Au Canada, les terribles incendies de Fort McMurray sont appelés à transcender l’industrie.

« Il faut parfois des événements de grande envergure pour éveiller les consciences, dit Jean-Sébastien Guy, vice-président, ventes, chez Korem, une entreprise qui se spécialise dans la distribution de solutions géospatiales personnalisées en Amérique du Nord. Dans 35 ans, on estime que ce sont plus de 2 millions de personnes au Canada qui vivront dans des zones à risque. »

Cette prise de conscience que M. Guy appelle de ses vœux, c’est peut-être Fort McMurray qui en sera à l’origine, en marquant le point de départ d’une nouvelle application des technologies géospatiales au domaine de l’assurance.

« Pour l’un de nos clients d’envergure, des cartes et des rapports étaient créés chaque jour pendant les feux de forêt de Fort McMurray, afin de visualiser l’étendue du territoire déjà brulé ou à risque », explique le vice-président de Korem, qui compte parmi ses clients des entreprises telles qu’Intact Assurance, La Capitale assurances générales, Industrielle Alliance et Assurance Economical. « À partir de là, il était possible de faire des calculs sur le nombre de ménages qui seraient pris en charge par l’assureur, la valeur probable des réclamations, les pertes assurables et même le nombre de conseillers à garder en poste afin de répondre au volume d’appels très élevé. »

De manière générale, lorsqu’un incident majeur survient, les données et technologies géospatiales jouent un rôle majeur dans la première analyse du phénomène. Dans le cas de Fort McMurray, ces données ont permis d’augmenter nettement la précision des premières estimations, mais aussi la rapidité avec laquelle elles ont pu être fournies aux compagnies d’assurance.

« Les possibilités de développement et d’applicabilité dans le futur sont illimitées, tant et aussi longtemps que de nouvelles données seront rendues disponibles, se réjouit Jean-Sébastien Guy. Depuis les inondations en Alberta de 2013, les données concernant le risque d’inondation au Canada se sont améliorées et sont devenues plus précises. La réaction et le taux d’adoption du marché ont été instantanés. Suite aux feux de Fort McMurray, je m’attends à la même réaction envers le risque incendie. Les risques sont en constante évolution, et l’industrie de l’assurance cherchera toujours à mieux comprendre son degré d’exposition afin de conserver son équilibre entre sa compétitivité et sa gestion du risque. »

Opta innove à Fort McMurray

Dès le départ de la catastrophe, les équipes d’Opta savaient qu’il serait impossible de se rendre à Fort McMurray. Aussi, dès le jeudi, la société spécialisée dans l’analyse de données et qui offre aux assureurs solutions pour les aider à gérer et à authentifier le risque, a conclu un partenariat avec une entreprise qui se spécialise dans l’imagerie satellitaire.

« Grâce à cette entente, nous avons pu proposer à nos clients des images avant et après les incendies, explique Greg McCutcheon, président d’Opta. Dès le début de la semaine suivante, nous étions en mesure de déterminer les maisons ou bâtiments commerciaux qui représentaient des pertes totales. On pouvait déterminer quel genre de dommages avait affecté telle ou telle construction. C’était la première fois qu’un tel système était mis en place. »

En cinq jours, Opta a donc été en mesure de mettre au point une nouvelle solution pour faciliter les activités de ses clients. Un système révolutionnaire qui va lui permettre de créer de nouvelles solutions en ligne dans un avenir proche.

Opta a désormais la capacité de donner des informations autrefois impossibles à fournir. « Grâce à nos informations, et grâce à nos équipes sur place, l’industrie a pu avoir accès à Fort McMurray. Nous avons pu offrir une meilleure réponse à nos clients, car nous savions déjà ce que nous allions trouver sur place, poursuit M. McCutcheon. Pour les compagnies d’assurance, nous pouvions dire quelle maison était endommagée et à quel degré. Elles pouvaient par la suite communiquer directement avec leurs clients et leur dire ce qu’il était advenu de leur maison. C’est un vrai plus en matière de service à la clientèle. »

De plus, cette technologie va améliorer la connaissance et la compréhension du risque, que ce soit au bénéfice d’une compagnie d’assurance, d’un particulier qui veut contracter de l’assurance ou d’un courtier. Et ce, quel que soit le péril : inondation, feux, tempête, vols, etc.

« Cette technologie va transformer l’expérience client lors de l’achat d’une police en ligne puisque le client n’aura pas besoin de répondre à de nombreuses questions. On ne lui demandera pas ce que l’on connait déjà. L’adresse seule permettra dorénavant d’obtenir une tarification précise. Cette technologie va amener l’expérience client à un degré personnalisé », prévient encore le président d’Opta qui annonce « une ère incroyable pour l’industrie » dans les 5 prochaines années. 

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